Nouvelles des villages et des chantiers

Adduction d’eau à Ankaraobato ?

 

L’accès à l’eau potable est toujours un grand problème dans le sud de la Grande-île. Une situation qui tire sa « source de sècheresses récurrentes dont l’intensité croit depuis quelques années ». La précarité d’ensemble des infrastructures d’eau affecte surtout les communes rurales aux réseaux d’adduction d’eau potable mal gérés et mal entretenus. Parmi la multiplicité de contraintes techniques et financières, l’absence d’une organisation de gestion au niveau des villages a des répercussions sur le fonctionnement et entretien  des équipements. On note également le manque de personnel qualifié pour l’entretien. Afin de redresser cette défaillance et assurer l’accès des gens à l’eau potable, l’UNICEF appuie la réhabilitation et la construction des infrastructures d’eau. Le village d’Ankaraobato bénéficie de cette intervention; et depuis au moins un mois, une équipe composée d’une vingtaine de personnes s’est installée à Ankaraobato pour exécuter les travaux construction d'un réseau de distribution d'eau potable. Un entretien avec le Surveillant, Contrôleur de l’exécution des travaux  nous a permis de noter que le coût du projet s’élève à 119 427 000 Ariary (env> ; 34000€). Les travaux vont durer 90 jours et comportent :

  • La construction  d’un réservoir  d’eau de 70m3 surélevé de 10m,
  • L’installation des conduites d’adduction d’eau,
  • La pose des matériels et équipements solaires pour pomper l’eau,
  • La construction de  14 bornes fontaines.

Les fossés dans lesquels seront installés les tuyaux de conduites d’eau sont faits. L’équipe s’occupe actuellement de la construction des bornes fontaines. L’EPP, le Lycée Technique et le CSB auront leur  part d’adduction d’eau et on se demande pourquoi rien n’a été prévu pour le CFP. Tsaragiso aura aussi sa part et la borne fontaine sera construite à  quelques mètres de la maison de Claude. Les autres bornes seront construites et réparties dans le village. Le réservoir d’eau est implanté à quelques mètres, à l’est de la maison de M.  Kotozafy  et on  se demande pourquoi ne pas utiliser celui qui était financé par le JICA. Il est intact et encore opérationnel et pourquoi en construire un autre?...

Se sentant un peu déconcerté par nos interrogations et ne voulant pas rester bouche bée, notre interlocuteur a simplement expliqué que l’UNICEF  a son approche et veut démontrer l’efficacité de ses interventions en finançant la construction d’un nouveau réservoir. Concernant cette approche, il a ajouté que trois principes fondamentaux sont à la base : 

  • l’eau doit être gérée comme un bien économique et social ;
  • l’eau doit être gérée aussi près que possible de la base ;
  • les femmes doivent jouer un rôle-clé dans la gestion.

Les bénéficiaires seront associés à toutes les étapes du projet et leur contribution sera concrétisée par :

  • l’engagement à participer aux travaux en fournissant les matériaux de construction disponibles, la main d’œuvre et les entrepôts pour les équipements,
  • la création de comité des points d’eau qui gèrera la participation des bénéficiaires,
  • la collecte des contributions financières et la création de caisses pour la gestion et entretien des points d’eau.

Afin de faciliter le contrôle et assurer la sécurité des équipements, le projet prévoie la construction d’une clôture portail cadenassée à chaque point d’eau et la durée de service sera limitée à 10 h par jour. Les points d’eau seront gérés par  le comité des points d’eau et le prix de bidon  d’eau de 20 litres sera 50 Ariary. L’eau dans les écoles et le centre de santé  sera  gratuite et limitée pour leur consommation. 

Jusqu’ici, aucun comité n’a été mis en place et aucune sensibilisation n’a été faite.  Les villageois ne sont pas encore au courant du fonctionnement et de la gestion du système. Va-t-il encore fonctionner comme le projet du temps de JICA ? Que deviendront l’ancien château d’eau et le grand groupe électrogène ?

NDLR : ce texte a été écrit en novembre 2017 et trois mois après (fin janvier 2018) le grand nouveau château d’eau est en construction mais à part ça rien n’a changé, les tranchées sont toujours ouvertes, les villageois ne sont toujours au courant de rien… quand je pense à toutes les réunions d’information et de concertation que nous organisons avant de réaliser un projet….à suivre.

Le Coordinateur de Projet Action- RAJOMALAHY Alijaona

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