MISSION OCTOBRE 2017            compte rendu

Mardi 10 octobre : Avec Martine, nous sommes obligés d’attendre quelques heures à Roissy avant que le vol d’Air Madagascar ne se décide à décoller.

 

Mercredi 11 octobre : Nous arrivons vers 8h à Tana avec 4h de retard, heureusement le vol pour Tuléar n’est prévu que vers 13h30. Enfin à Tuléar, il est 15h … soit 28h après le départ de Montreuil. Alijaona est là et reconnait Martine qu’il a connu il y a 11 ans pour le 10e anniversaire de Projet Action.

Il ne fait pas si chaud que ça à Tuléar mais le calme de « Chez Alain » permet de se détendre et de se reposer. Nous faisons le point avec Alijaona sur le programme de la mission en commençant par la journée de demain où nous resterons à Tuléar pour achats et rendez-vous.

 

Jeudi 12 octobre : Lever… pas trop tôt. Vers 9h je pars avec Alijaona pour quelques achats dont, bien sûr, pas mal de boissons pour emmener en brousse. Retour « Chez Alain » où nous retrouvons Martine ainsi que Joëlle et Guy Coiret qui viennent d’arriver. Nous faisons connaissance… ils ont de l’avance sur moi … ils m’ont vu dans le Zébu. A midi , direction « Le Jardin » pour un repas sympathique chez Gian Carlo…. Et cinq fritto misto azafady. Nous parlons beaucoup (surtout ….. j’ai les noms !) et apprenons que Guy et Joëlle ont passé 35 ans à La Réunion et 5 ans à Tamatave. De retour à l’hôtel et petite sieste avant de recevoir les entrepreneurs.

17h, je me réveille…c’est l’heure du RDV avec les trois entrepreneurs (entreprises du bâtiment) et une menuiserie, vite mon sac ! Bonjour bonjour, on s’assoit autour d’une grande table, les parrains sont là eux aussi. Je sors mon dossier « mission » et les plans que j’ai réalisés pour les projets 2018. Nous commençons par l’école primaire de Lambolo dont les soubassements doivent être en béton et l’élévation en bois dur (pour alléger le poids des matériaux à amener dans ce village perdu dans les rizières. Un entrepreneur nous donne tout de suite deux infos essentielles : d’abord dit-il le bois dur reviendrait plus cher que les parpaings (je croyais bêtement que ce serait l’inverse) et surtout il affirme qu’aucune entreprise n’obtiendra l’autorisation d’acheter autant de bois dur… espèce (heureusement) protégée. Je leur demande donc de chiffrer ce projet en parpaings. Il me restera d’ici le mois de mars à tout faire pour que les villageois se retroussent les manches encore plus que prévu pour acheminer avec leurs charrettes tout le sable et les caillasses nécessaires à la construction. Ceci en préalable, il restera ensuite quelques tonnes de ciment et de fers à béton sans parler des tôles, des portes, des outils… Le village est en effet inaccessible en camion. Pour le ciment, par exemple, l’entreprise qui réalisera les travaux sera obligée de le décharger à 3km de Lambolo.

Nous passons en revue chaque plan, j’explique les particularités et je m’assure que les entrepreneurs posent toutes les questions et fassent leurs remarques. Le grand tour de table est terminé, on se retrouve le dimanche 29 octobre pour la remise des devis même lieu, même heure. Mais avant cela, je donne RDV aux entrepreneurs le jeudi 19 à Tsianisiha (pour reconnaissance de la fin de la piste n°4) et pour les emmener à Soarano, le hameau de Lambolo pour reconnaître la piste d’accès…

C’est l’heure d’aller chez Alijaona qui nous a invités à dîner, Germaine, son épouse, et tous les enfants (bien grands maintenant) sont là : thon en sauce et surtout le « zébu à la Tsaragiso » (c’est la recette créée par Alijaona que vous pouvez découvrir dans « la recette de Néné Bé » de ce Zébu 82 … on se régale ! Alijaona « fait le show » à la guitare et Malala chante. Une très belle soirée.

Nous rentrons à l’hôtel, demain on démarre à 8h maxi.

 

Vendredi 13 octobre : Après le petit déjeuner tout le monde est en forme pour attaquer la mission. Après avoir acheté un demi-pain de glace et vérifié le plein des deux 4x4, direction RN9. Avant 9h nous faisons halte à Mangily « Chez Cécile » où les parrains font connaissance avec leur bungalow en y déposant leurs valises, mais pas le temps de flâner, nous reprenons la RN9 toute goudronnée (difficile de ne pas penser à l’état dans lequel elle était avant les travaux…il y a quatre ans).

A 10h nous sommes devant le lycée de Tsianisiha où a lieu l’inauguration de la 1ère tranche de la piste n°4 entre Tsianisiha et Behompy. M. le Maire nous accueille, il y a aussi des chefs de villages, une petite centaine de villageois, des collégiens et des lycéens qui nous montreront leurs talents entre deux discours. C’est justement le temps des discours parmi lesquels je note particulièrement celui d’un chef de village qui nous parle de la « révolution » amenée par cette piste : fini le temps perdu à essayer de se sortir des terribles zones boueuses et à faire d’interminables détours pour arriver enfin à destination. Les voyages pour se rendre au grand marché du lundi pour vendre sa production, les trajets des écoliers, collégiens et lycéens…tout va être facilité : je veux bien croire que c’est une révolution… c’est pour celà que nous avons réalisé ces gros travaux ! Nous allons couper le ruban tendu entre deux bananiers juste avant le premier radier et revenons ensuite au lycée pour le faire visiter aux parrains.

Direction la gargote où le repas nous est offert. Nous nous dirigeons ensuite vers Antsonomarify à 6km à l’ouest où nous sommes accueillis par la chorale que je suis heureux de retrouver. Martine, qui a acheté le 2e CD de la chorale, est impatiente de les découvrir en « live ». De l’entrée du village jusqu’à leur petite église, les membres de la chorale nous escortent en chantant… une entrée évidemment très remarquée. Et c’est le mini concert dont « Tout peindre en bleu » que Martine connait déjà par cœur et qu’elle chante toute seule dans sa cuisine à Vincennes, mais là, dans le village de la chorale… émotion ! Au revoir la chorale et à demain à Tsaragiso. Nos deux 4x4 emmènent chacun 7 à 8 membres jusqu’à Tsianisiha. La chorale descend et nous emmenons les parrains visiter les 3 ou 4km de la piste n°4 et ses nombreux ouvrages : 12 radiers, 6 dalots, 2 fossés de dérivation maçonnés (20m et 175m) sans parler des 17 zones de remblais… les parrains sont impressionnés. Retour à Tsianisiha,  les parrains partent à Mangily et nous à Tsaragiso avec 8 à 10 membres, la voiture fait ensuite demi-tour pour aller récupérer le reste de la chorale.

Cela fait trois mois et demi que j’ai quitté Tsaragiso et mon village commençait à me manquer ! Alijaona achète du riz et la chorale entreprend de découper et cuisiner la chèvre qui m’a été offerte à Tsianisiha…un bon repas pour ce soir ; nous serons 20 à table (ou par terre pour quelques-uns)

 

Samedi 14 octobre : A 8h30, nous attendons les parrains à l’entrée sud d’Ankaraobato…. Le temps de prendre une photo avec le tout nouveau panneau « ANKARAOBATO ». Indépendamment du bitume, je trouve que ces panneaux indiquant le nom de chaque village traversé sont un progrès de première importance. Le voyageur du taxi-brousse ou du 4x4 traversait auparavant  des villages sans nom et pour ce voyageur un village sans nom est un village qui n’existe pas. Aujourd’hui tous ces villages existent !

Les parrains arrivent et Alijaona va voir si le village est prêt à nous accueillir. Nous inaugurons ce matin la réhabilitation d’un bâtiment de l’EPP (Ecole Primaire Publique) « décoiffée » en septembre 2016 par une mini tornade très localisée qui n’avait pas fait d’autres dégâts… 60% de la toiture envolée, le reste tordu, charpente en miettes et tous les hauts de murs éclatés, il y avait du boulot, sans parler de sols, portes d’entrée et placards.

Nous arrivons aux salles culturelles où une petite centaine de villageois nous attendent, applaudissements de bienvenue. Le nouveau chef de village dit quelques mots suivis de ceux de l’adjoint au Maire et je crois du directeur de l’école. Tous remercient Projet Action et ses parrains d’être intervenus si rapidement, ils soulignent la grande satisfaction du « village natal de Projet Action ». Nous allons devant le bâtiment entièrement réhabilité et on me donne une bouteille de rhum pour, comme le veut la tradition, verser quelques gouttes pour les ancêtres en signe de mémoire et d’avenir. Je m’exécute et au moment de dire quelques mots, je prends conscience que nous sommes le 14 octobre et que c’est la date anniversaire du « départ » de Robson Tsiravoa… le 14 octobre 2000, 17 ans aujourd’hui…je parle de lui rapidement car, comme à chaque fois, l’émotion commence à m’envahir et je ne peux plus rien dire.

Nous nous dirigeons vers la grande salle culturelle où boissons et petits gâteaux nous attendent. Nous avons maintenant RDV au CFP dont l’entrée est à 100m. Je voulais que les parrains puissent au moins jeter un coup d’œil sur le lycée technique et sur le CFP… des travaux réalisés en 2010, 2011, 2013, 2014 et 2015 ; la plus grosse infrastructure jamais réalisée par Projet Action. Les apprenants nous font une haie d’honneur… c’est toujours très émouvant. Je présente les parrains, Martine réussit à dire quelques mots même si l’émotion l’envahit. Martine suit Projet Action depuis le début, c’est une amie, lectrice du Zébu depuis le n°1, elle a vu grandir Projet Action et toutes les réalisations, mais là elle est sur place au CFP, à Ankaraobato….

Nous avons droit à des chants et danses et même à un « numéro » où un prof du lycée anime une conversation en français avec une lycéenne et en anglais avec un lycéen, c’est assez réussi. Nous serions bien restés plus longtemps mais nous sommes attendus à Tsaragiso pour l’inauguration du magasin de stockage et du poulailler. En route pour un petit kilomètre.

Je suis heureux de faire découvrir Tsaragiso aux parrains, les voisins, Piquet, Déric, les rizières, ma maison enfin tout quoi !

L’accueil est très sympathique, les villageois sont également heureux de recevoir du monde venu de très loin, la chorale d’Antsonomarify est en place. Discours de bienvenue du chef de village et de Claude (le président d’AVT, l’association avec et pour laquelle nous avons réalisé ce qui est inauguré aujourd’hui), un discours-poème de M. Piquet. Dans mon discours je plaisante sur M. Piquet en disant qu’il m’a empêché de dormir la nuit dernière à cause de ses ronflements (sa maison est la plus proche de la mienne). Le tout entrecoupé des chansons de la chorale dont « Tout peindre en bleu » ; je suis appelé par la chorale pour la chanter avec eux. Ils ont même été obligés de chanter deux fois l’hymne local « Tsaragiso » (qui figure sur le CD n°2). Après avoir dit tout le bien attendu par ce magasin de stockage et ce poulailler dans lequel 50 poussins sont en train de grandir (les premiers œufs sont prévus fin février), nous nous dirigeons vers cette réalisation pour couper le ruban (les discours et chansons ont eu lieu à l’écart, sous le tamarinier, pour ne pas effrayer les poussins). Tous les visiteurs apprécient la qualité du bâtiment et tous les villageois ont les yeux qui brillent et un sourire jusqu’aux oreilles.

C’est ensuite le repas servi chez M. Piquet avec des invités triés sur le volet. On se régale et on rit beaucoup !

Au revoir Tsaragiso, c’est le départ vers Milenake où nous faisons une visite rapide des réalisations des années passées : Centre de soins, maternité, collège, internat, cantine de l’école primaire, magasin de stockage, salles polyvalentes, gîte d’étape, restaurant, gendarmerie, maxi marché… j’en oublie sans doute.

Les parrains repartent à Mangily pour se reposer un peu et déguster quelques boissons fraîches… ce que je fais également dès mon retour à la maison.

 

Dimanche 15 octobre : Nous avons RDV ce matin avec les parrains à 8h45 à Manombo, on se retrouve et nous démarrons aussitôt vers Tsifota pour inaugurer la réhabilitation totale de l’EPP dévastée en janvier 2012 par le cyclone Haruna. A la demande de cette nouvelle commune, nous avons aussi réalisé un bureau pour le chef ZAP (Zone d’Arrondissement Pédagogique). Dans une commune, le chef ZAP est le lien entre les écoles primaires ou collèges et la DREN (Direction Régionale de l’Education Nationale). Il y a du monde pour nous accueillir, un groupe de femmes vient au-devant de nous et nous invite à les suivre vers le lieu de la réception à côté de la Mairie. Le tout en chantant et en dansant. Les villageois de Tsifota sont très fiers de leur nouvelle école « Elle n’a jamais été aussi belle » disent-ils. Les enfants sont au moins 500 à l’EPP et on se demande comment ils faisaient depuis 5 ans avec seulement trois salles de classe. Les trois salles (+ bureau du directeur) remises entièrement à neuf sont assurément les bienvenues.

Des discours « habituels » mais néanmoins très sympathiques nous souhaitent la bienvenue et remercient chaleureusement Projet Action. Le Maire insiste particulièrement sur la beauté du bâtiment, fierté du village, et s’adresse aux parents pour dire que leur devoir est de tout faire pour envoyer leurs enfants à l’école « l’avenir c’est l’éducation des enfants, un grand merci à Projet Action » et s’adressant aux parrains «remerciez tous les parrains qui n’ont pas pu venir, dites-leur que vous avez vu cette école et les enfants qui vont en bénéficier ». On nous offre un lamb (paréo), je présente les parrains, Joëlle dit quelques mots et nous allons couper les rubans et visiter les deux bâtiments dont l’école refaite du sol au plafond sans oublier la peinture. L’entreprise qui a fait les travaux a réussi à insérer des claustras tête de zébu… notre « signature » est bien présente. C’est avec une grande satisfaction que nous contemplons cette magnifique école.

M. le Maire, frère de M. Odilon, a délégué l’organisation du repas à son frère et à sa belle-sœur. Il est presque midi, nous avons faim et soif, nous ne nous faisons donc pas prier … vite : à Tsandamba… 15km de sable mou et de caillasses que nous parcourons en 40mn…. Bien heureux d’arriver car chez M. et Mme Odilon, les boissons dont la THB sont fraiches.

Le repas respecte les engagements du Maire au mois de mars : il y a des langoustes grillées au menu et Mme Odilon s’y connait en assaisonnement et « pour suivre » du capitaine grillé, du calamar en sauce…avec du riz mais aussi quelques légumes carottes, pommes de terre, poireaux…. J’arrête là car je ne veux pas trop vous faire regretter de ne pas être venus. (mais il y en aura encore l’année prochaine !)

Martine d’un côté, Joëlle et Guy de l’autre prennent possession de leur bungalow en dur fraichement terminés, des bungalows « luxe » à 60000 Ar (17,50€). Alijaona et moi allons à ma maison bleue (trano manga) et je ne tarde pas à voir là-bas nos deux sirènes de marraines dans le lagon… turquoise comme à son habitude mais pas chaud comme il l’est en principe en octobre. (hier soir à Tsaragiso il n’y avait que 23° dans ma chambre) … une petite couverture sera de mise pour la nuit. Je me baigne néanmoins quelques minutes avant de faire une partie de boules avec Alijaona. Le repas du soir sera tout aussi agréable, sans langouste. Dommage qu’ici il n’y ait pas de bulots, j’aime bien les bulots. Avec Alijaona nous discutons longtemps à la maison avant de nous endormir.

 

Lundi 16 octobre : Ce matin nous démarrons à 8h avec un seul 4x4 (Gégé le chauffeur des parrains et Alijaona sont dans la partie benne) pour économiser du carburant. Nous mettons 1h30 pour parcourir les 26km jusqu’à Andravona où nous allons inaugurer la réhabilitation totale de l’EPP (la même qu’à Tsifota, ces écoles ont été construites en 1992 par l’ONG Aide et Action).

Il y a beaucoup de monde à Andravona, la réhabilitation de l’école est un évènement très important pour le village. Nous nous asseyons à l’ombre des bâches tendues pour la circonstance et c’est le salut aux couleurs avec une particularité : le drapeau n’est élevé qu’à mi-hauteur car avant-hier, Albert ZAFY, ancien Président de la République est décédé. Suivent les discours avec leurs lots de remerciements à l’adresse de Projet Action et de ses parrains. Nous avons droit à une démonstration du beau talent de la chorale du village.

L’école est toute aussi magnifique que celle de Tsifota et des personnes se font photographier devant. Nous coupons le ruban et le repas est servi dans une des salles de classe.

L’école va pouvoir reprendre dans de bonnes conditions à Andravona et c’est bien là notre grande satisfaction.

Retour à Tsandamba… avec les mêmes secousses qu’à l’aller !

 

Mardi 17 octobre : Nous partons vers 8h15 (avec nos valises) pour Manombo où nous devons inaugurer les logements de la gendarmerie. Nous rencontrons quelques problèmes sur la piste en croisant plusieurs 4x4 de touristes. La collision est évitée mais nous perdons du temps. Quelques minutes de retard à Manombo… tout le monde est là : Maires et autres élus, le chef de région, les villageois en nombre et les gendarmes dont le Colonel responsable national des infrastructures de la gendarmerie venu de Tana et le Général Rakotobe Commandant de la région sud-ouest. Salut aux couleurs et discours : le chef de village, le Maire de Manombo, le Colonel, le Général, le chef de région et moi-même. Beaucoup de remerciements à Projet Action, des appréciations appuyées déjà entendues pour d’autres réalisations comme le CFP, le maxi marché de Milenake ou le lycée d’enseignement général intercommunal de Tsianisiha « une très belle réalisation, unique à Madagascar ». Merci, merci n’en jetez plus… Cela dit, ce genre d’appréciation fait plaisir à entendre. Dans mon discours, je rappelle l’histoire de ces logements : tout part d’une demande de la commune de Manombo et cette demande était placée prioritaire, notre validation du projet dans le cadre de la sécurité des bénéficiaires, en l’occurrence des gendarmes. 6 petits logements pour familles et 3 logements d’une pièce pour célibataires, cela fait 9 gendarmes qui sont logés sur les 18 de la brigade, il en reste donc 9 qui restent plus ou moins isolés en louant une case ou petite maison dans le village…. On ne peut pas tout faire ! Pour terminer mon discours, j’ajoute à l’intention du Général Rakotobe : « quand je vous ai connu, vous étiez Colonel, j’ai appris que vous avez été nommé Général » … « les deux étoiles sont un peu sèches, pour moi ce sera une THB bien fraiche »… rires du Général et de ses hommes et collègues.

Ruban à couper et visites des logements. Le repas est offert dans une salle de l’école dans une ambiance plus que sympathique, il y a même des chansons !

Nous repartons en passant par la piste n°3 qui sera inaugurée demain, de cette façon les parrains voient la piste dans sa totalité (5 ouvrages béton dont un de plusieurs dizaines de mètres et toutes les zones de remblais). Nous quittons les parrains à Ankilimalinike ; ils vont au sud et nous au nord.

 

Mercredi 18 octobre : A 9h30 nous retrouvons les parrains là où nous les avons quittés hier et roulons ensemble vers le village d’Antandroke (Cne de Marofoty) où va avoir lieu l’inauguration de la piste n°3.Nous arrivons dans le village, la sono crache ses décibels (peut-être un peu trop) avec son lot de larsens. Nous prenons place, salut aux couleurs, première animation de la chorale MISAFA d’Antsonomarify et discours… devinez quoi ; il y a eu beaucoup de remerciements pour Projet Action et un villageois a été particulièrement mis à l’honneur M. RAINILAY Zéphirin Bouchoir qui a donné les terres pour les nombreuses zones de remblais. Je suis curieux de connaître l’origine du nom… Zéphirin c’est original mais Bouchoir …

Plusieurs intervenants insistent sur la beauté de la piste et son importance stratégique notamment pour les échanges des produits « terre-mer » et aussi pour le fait que désormais les taxis brousse empruntent cette piste pour gagner du temps pour aller à Tuléar et du coup les villageois d’Antandroke mais aussi d’Antanimena et d’Androtsy profitent de ce moyen de transport qui leur était autrefois « interdit ». J’ajoute qu’hier ces villages étaient oubliés puisque enclavés, aujourd’hui : ils existent !

Nous allons à quelques centaines de mètres couper le ruban sur le plus grand ouvrage d’art avec les Maires de Marofoty et de Manombo, les deux communes bénéficiaires. Nous y emmenons la chorale en voiture et nous accueillons la foule en chantant. C’est ensuite le repas dans une salle de classe et l’ambiance est au rendez-vous, particulièrement joyeuse. Il y aura à la fin du repas une interprétation très réussie de plusieurs chansons de la chorale dont « Tout peindre en bleu ».

Nous prenons congé et emmenons les douze membres de la chorale. Nous avons en effet RDV à Androtsy pour faire connaissance avec ce village. Depuis 2012 je suis passé de nombreuses fois à Androtsy en allant d’Antanimena à Marofoty mais c’était le seul des 8 villages de la commune dans lequel je ne m’étais jamais arrêté.

La chorale assiste à la rencontre sous le grand tamarinier où une petite centaine de personnes se sont assises. Un ray amandriny prend la parole au nom du village, il est enveloppé dans un lamb mais on voit bien qu’il n’est pas très épais, il dit qu’il est mal en point mais qu’il a tenu jusqu’à aujourd’hui, il parle de l’école primaire construite par Aide et Action il y a 20 ou 25 ans. A l’époque elle était à plus de 200m de la rivière Manombo et aujourd’hui la rivière a attaqué un des angles de l’école. Les villageois ont un peu remblayé… avec de la terre… qui ne tiendra pas longtemps. Ces dernières années j’ai assisté au terrible grignotage…de plusieurs mètres voir plus chaque année.

Je dis au famélique intervenant que l’école sera faite mais ce ne sera pas en 2018 (nos projets débordent) et je le prie de tenir le coup au moins jusqu’à l’inauguration.

Les parrains partent vers Mangily et ont beaucoup de mal à quitter la chorale, l’émotion est très présente…Nous les suivons et faisons halte à leur hôtel pour boire un coup avec eux et faire un mini bilan de leur mission. Ils me disent qu’ils sont enchantés de ces six jours, passés trop vite, ils nous remercient de leur avoir permis de vivre tout ça…Pour moi c’est la plus belle des récompenses. Séparation émouvante là encore.

Avec Aljaona, nous partons vers Tuléar pour, entre autre, faire le plein des deux 4x4 et rendre celui des parrains qui rentreront demain midi à Tuléar après être allés faire un tour sur la barrière de corail.

 

Jeudi 19 octobre : A 9h nous sommes à Tsianisiha avec M. Lalao, nous devons reconnaitre la fin de la piste n°4. Il y a un an, le devis avait été fait sur environ 7,5km et 60% du coût ont été réalisés cette année, il reste donc 40% du coût plus 1,5km pour arriver à Behompy. M. le Maire nous accompagne, nous démarrons l’observation au km 7,5, M. Lalao note ce qu’il y aura à faire : radier, dalot, remblais. De mon côté je note que les villageois n’ont pas fini ce qui était demandé : débroussaillage sur 4m de large et 4m de haut, plus les souches à retirer, j’en parle à Alijaona en lui disant d’organiser au plus tôt une réunion avec le Maire et les villages concernés pour redire ces consignes impératives. Il faut fixer une date limite pour Noël, passer vérifier le 2 janvier et faire le point le jour même avec eux ; s’il reste des choses à faire, ils auront encore deux semaines pour les faire. En janvier nous fixerons une réunion dès le début de la mission et si ce n’est pas fini, il n’y aura pas de piste en 2018 !

La fin de la piste pose un problème ; on ne sait pas par où passer, M. Lalao devra de toute façon revenir pour faire notamment des relevés de niveaux et chiffrera les deux tracés. Nous revenons à Tsianisiha et trouvons les deux autres entrepreneurs, en route pour Ankaraobato, nous devons maintenant montrer aux entrepreneurs la piste d’accès à Soarano (hameau de Lambolo) pour estimer l’accessibilité pour l’apport des matériaux (dont ciment et fers) lorsqu’il s’agira de réaliser l’école primaire de Lambolo. Nous sommes accompagnés de Louis, un habitant de Tsaragiso, qui connait bien le chemin, heureusement ! Soarano (comme Lambolo) est un hameau complètement perdu au fond d’un dédale de rizières et je prends conscience du fait que ma visite du 29 juin avait été un évènement, vous ne pouvez pas passer par hasard à Soarano, il faut vraiment vouloir y aller et même avec cette volonté vous n’êtes pas sûr d’y arriver !

500m avant le hameau nous devons passer sur un pont de fortune fait de quelques frêles rondins pas vraiment bien ajustés. Avec mille précautions, le 4x4 passe mais, à coup sûr, le camion ne passera pas. La « plate-forme » de déchargement des camions et chargement des charrettes sera donc ici, avant le pont, et non à Soarano. J’imagine l’organisation logistique de l’entrepreneur qui devra laisser sur place au moins deux gars pour gérer les allées et venues et … bien compter les sacs de ciment et les barres de fers.

De retour à Ankaraobato, il est 13h et comme prévu j’invite les entrepreneurs et Louis pour le repas à la gargote. Heureusement la THB est fraiche car la chaleur, discrète depuis le début de la mission, commence à faire son apparition. Le plat de riz et chèvre en sauce et la THB sont les bienvenus.

Les entrepreneurs repartent à Tuléar, Alijaona et moi allons nous réinstaller à Tsaragiso et comme personne n’a balayé… il faut le faire. Il faudrait même le faire tous les jours mais … Depuis une semaine il y a du vent et la poussière rentre dans la maison même si toutes les portes et fenêtres sont fermées. Je tape sur mon lit…la poussière vole, le bac à douche n’est plus blanc… balais, serpillère, éponge, essuie-tout, de l’eau… Alijaona il faut de l’eau. Retour à Ankaraobato (au château d’eau) avec mes 5 bidons de 20 litres.

 

Vendredi 20 octobre : Vers 9h nous sommes à Marofoty pour jeter un coup d’œil aux premiers travaux de défrichage réalisés par les villageois des deux communes (Marofoty et Manombo) pour le projet de piste n°5 : Marofoty/Antanimahery/Manombo soit environ 7,5km. Je limite le coup d’œil au premier kilomètre qui me permet de constater deux choses : 1- il y a eu pas mal de travail de fait. 2- c’est très loin d’être terminé.

Retour à Marofoty où nous devons faire le point sur cette piste avec les deux communes. Je parle sans attendre des constats que je viens de faire et je redonne les consignes qui devront être respectées à 100% pour que Projet Action passe à la phase suivante qui sera la réalisation des devis par les entreprises.

Les consignes répétées : défrichage sur 4m de large, 4m de hauteur et sur les 4m de large, toutes les souches retirées …. Je verrai en mars si ça a avancé.

Nous allons à Tsianisiha où nous avons réservé la meilleure table (avec vue sur la RN9) à la gargote : beignets de légumes et poulet sauce. Malala, la gérante, cuisine très bien et les boissons sont presque fraiches.

Après le repas, nous faisons le point sur le fonctionnement de la gargote… toujours au ralenti pour la partie bar et resto et un peu mieux pour ce qui est de l’épicerie. Malala me rembourse 200000 Ar sur le prêt à 0% d’intérêts accordé fin 2013.(en cumul c’est 5950000 Ar remboursés soit 67%)

En restant dans la gargote, nous passons au point sur le fonctionnement du gîte d’étape réalisé en 2012 : les clients ne se bousculent pas mais les chambres sont quand même réservées de temps en temps, la grande salle (sans lits) est parfois occupée par des marchands et le magasin de stockage est également utilisé. J’en prends bonne note.

 

Samedi 21 octobre : Le temps s’est nettement réchauffé, en début de semaine il n’y avait que 23° à 24° le soir dans ma chambre, hier soir c’est passé à 31° (il y aura jusqu’à 34° dans les jours qui viennent)

A 10h nous sommes à la gargote d’Ankaraobato pour faire le point sur son fonctionnement : c’est moins fort qu’à son ouverture il y a un an mais il y a toujours du monde : quelques repas (plats de riz), des boissons mais surtout ce qu’ils appellent des « composées » et des soupes. Une « composée » peut contenir quelques spaghettis, deux ou trois légumes verts et un beignet de légumes. Quant à la soupe, elle comprend des spaghettis  et du bouillon de viande (dans les grands jours il peut y avoir une rondelle de carotte et l’on raconte même qu’un client y a trouvé une fois quelques haricots blancs mais … à ce jour la preuve n’en a pas été apportée). Lisa me rembourse 200000 Ar, il ne reste plus à la gargote que 80000 Ar à rembourser sur le million prêté il y a un an.

Nous filons à Milenake pour faire le même point avec le resto.

La bière est presque fraiche ce qui agrémente correctement notre pause. Le resto fonctionne irrégulièrement et c’est évidemment un problème pour le gérant M. Naivoson ; « un jour on fait 0 repas, un autre c’est deux, après ça peut être 12 et après encore 0 mais tous les jours il faut préparer au moins un poulet… », (à noter qu’à Tsianisiha et Ankaraobato, les repas sont uniquement sur commande, ce qui n’est pas le cas ici). L’épicerie ouverte sur la terrasse fin mai a sa petite clientèle et Naivoson me rembourse 300000 Ar (en cumul c’est 5300000 Ar remboursés soit 46% du prêt). Après le repas offert par le resto, nous faisons le point sur le fonctionnement du gîte d’étape réalisé en 2009. C’est un peu comme à Tsianisiha ou guère mieux avec une moyenne de 2 nuitées par semaine (sur 6 chambres individuelles et un dortoir avec 12 lits). Ce n’est pas le Pérou mais le service est rendu dans ce chef-lieu de commune et l’on peut espérer des jours meilleurs.

 

Dimanche 22 octobre : Il devait y avoir aujourd’hui un concert de la chorale MISAFA à Manombo, mais nous avons appris hier que ce concert était annulé alors c’est repos à Tsaragiso. Enfin, pas tout à fait car Alijaona tient absolument à jouer aux boules… fol espoir de renouer avec le succès ? Allez savoir. La partie démarre et à ce moment je prends conscience de l’aspect humanitaire de la demande d’Alijaona, sa volonté farouche… Bon , je m’arrange pour le laisser marquer des points. Il gagne 13 à 7, il est heureux et moi aussi car j’ai fait une bonne action.

Par ailleurs, c’est un grand jour car je fais du pain et des frites, il y a de la moutarde, c’est la fête !

 

Lundi 23 octobre : A 8h nous recevons à Tsaragiso une délégation du village de Lambolo pour faire le point sur le projet de l’école. Ils sont une douzaine à être venus, je leur fais part du grand changement : pour des raisons écologiques et économiques, l’école ne sera pas en bois dur mais tout en parpaings. Les villageois ont l’air plutôt content mais j’enchaîne aussitôt en disant qu’il va falloir beaucoup plus de sable et de blocages (ils ont déjà amené 71 charrettes de blocages (caillasses). « je ne sais pas encore combien il faudra de charrettes (je n’aurai les devis que le 29), mais je vous conseille de continuer à aller chercher les blocages, à mon avis il faut encore 100 charrettes et après il vous faudra passer au sable. Alijaona vous téléphonera dans 8 jours pour vous donner la quantité exacte de charrettes. Bon courage, nous referons le point en janvier ».

A 9h nous allons au CFP pour rencontrer Sébastien le directeur pour faire le point sur l’alphabétisation adultes et sur la formation pour l’élevage de poules pondeuses.

Pour l’alphabétisation il y a eu deux groupes : ceux qui n’avaient jamais mis les pieds à l’école primaire et ceux qui y avaient passés un an ou deux. En fait, dans les deux cas, la formation doit avoir une suite et je demande ce que proposent les formateurs (les deux sont présents) et ce qui m’inquiète c’est qu’ils se contentent de répondre « il faudrait peut-être 20h de plus par groupe ». J’apprends que ces deux formateurs (des profs du CFP) n’ont encore jamais fait d’alphabétisation avant de travailler avec les 8 villageois de Tsaragiso !!! Je suis effondré. Je demande à Sébastien et aux formateurs de me faire une proposition écrite et chiffrée pour chacun des deux groupes. On verra mais je ne suis pas optimiste et je pense déjà qu’il nous faudra sans doute trouver des formateurs ailleurs.

A propos de la formation « poules pondeuses », il reste à mener la 2e partie qui devrait avoir lieu prochainement.

10h à Tsaragiso ; nous rencontrons l’association AVT pour faire le point avec eux et Claude, le président, me montre un document copieux remis par le formateur, je le parcours rapidement et je vois qu’il est question de 1500gr de provende par jour pour 10 poulettes et le kilo coûte 1500 Ar. Un calcul rapide me donne 7,5kg par jour pour les 50 poulettes et donc 11250 Ar. Le problème est que sur les 50 poulettes, nous ne pouvons espérer guère plus que 30 œufs par jour… dont le prix de vente est de 400 Ar l’œuf. Je pense aussitôt que le formateur n’a sans doute jamais élevé de poules pondeuses ! Je demande donc à AVT de poser la question suivante au formateur : où sera le bénéfice ? (car la provende n’est pas la seule dépense)….. nouvel effondrement de ma part !

Je demande à Alijaona de prévoir une rencontre avec le formateur (un véto) dès le 1er jour de la mission de janvier.

Vers 15h nous nous dirigeons au sud : à Benetse, ce village est sur la RN9 à 5km au sud de Tsianisiha et fait partie de la commune d’Ankilimalinike (dans laquelle nous n’intervenons pas). C’est là qu’à lieu le concert de la chorale MISAFA. La chorale est déjà sur place et se prépare, des gars du coin s’occupent de la sono. A 17h30 ça démarre devant une bonne centaine de personnes, la chorale est en forme et le public est prêt… c’est parti pour 1h20 de concert rythmé reggae, dommage que les parrains soient partis. Danielson, le chef de chœur m’appelle pour chanter « Tout peindre en bleu », j’y vais avec plaisir. « Tout peindre en bleu » fera partie des trois chansons qui seront redemandées en fin de concert ! Nous ramenons les 8 filles de la chorale à Antsonomarify, les garçons rentrent à pied.

 

Mardi 24 octobre : Nous apprenons que Mme la chef district est à Milenake, nous allons la voir et comme elle a deux minutes, je l’emmène jeter un coup d’œil au maxi marché pour lui montrer le non nettoyage persistant… elle prend note. Nous allons boire un coup au resto et en profitons pour parler de différentes choses avec Naivoson.

 

Mercredi 25 octobre : Nous sommes à 8h15 à Tsihake où nous retrouvons les trois entrepreneurs ainsi que M. le Maire de Manombo. Nous devons examiner un vieux bâtiment (2 petites salles) de l’école primaire décoiffé, lui aussi, par le cyclone Haruna en janvier 2012. Outre la toiture y compris sur la terrasse, il faut refaire portes et fenêtres, retoucher les murs et bien sûr la peinture. Les entrepreneurs prennent les mesures et nous allons faire la même étude à l’EPP de Manombo. Au passage nous assistons au départ de la classe verte que nous finançons cette année pour 70 enfants de CM2 de Manombo. Les animateurs prennent aussitôt en main le groupe, le camion démarre, les enfants chantent déjà, départ pour 4 jours inoubliables à Mangily.

Revenons à l’école ; il s’agit d’un bâtiment immense avec 4 très grandes salles décoiffées elles aussi… il y a également des volets à poser, des claustras à installer, les portes à changer … l’addition sera nettement plus lourde qu’à Tsihake (si ce n’est pas possible en 2018, ça sera pour 2019 !)

Je règle à M. Lalao les 12 litres de gasoil que je lui ai demandé d’amener de Tuléar et les entrepreneurs repartent.

Avec M. le Maire et Jean-Louis nous allons à la mairie où nous devons faire le point sur le projet « gargote et gîte » à Manombo. 8 personnes sont là pour en parler.

Faut-il une gargote ? Faut-il un gîte ? Et si oui quelles dimensions ? Pour commencer je fais part de notre expérience avec les gargotes, resto, gîtes réalisés à Tsianisiha, Milenake et Ankaraobato ; des structures qui « tournent » depuis 1 à 4 ans avec des fortunes diverses. M. le Maire nous dit que Manombo a un avantage sur les villages de la RN9 : les gens qui veulent manger n’auraient pas le choix car en allant vers le nord, après Manombo, il faut aller jusqu’à Tsandamba pour trouver un resto (chez Odilon) alors que sur la RN9 les gens peuvent choisir d’aller jusqu’à Ankililoake… c’est vrai mais il y a un argument contraire : il y a beaucoup plus de monde qui passe sur la RN9…. Bref, nous échangeons pendant une bonne heure et après que j’ai eu dit qu’il était préférable de démarrer doucement pour voir comment cela se passait, nous décidons de ne pas faire de gargote en 2018 et de commencer par un gîte de 4 chambres. Nous prenons rendez-vous pour janvier et d’ici là le comité désigne une dame responsable de recenser le nombre de demandes de repas et chambres demandés par les passants.

En route pour Tsandamba où nous arrivons 1h30 plus tard… secoués comme d’habitude ! Mme Odilon nous accueille avec une boisson fraîche. M. Odilon est à Tuléar pour une affaire de famille. J’offre à Mme Odilon quelques kilos de manioc et des oignons, la semaine dernière j’avais offert une chèvre. Le repas est excellent comme il se doit (mais sans langouste). Après la longue discussion traditionnelle, nous allons à ma maison avec un triple objectif : baignade, sieste et boules.

 

Jeudi 26 octobre : Comme a dit quelqu’un un jour à propos de Tsandamba : « c’est très beau mais …c’est désert ». Nous repartons dans l’après-midi après avoir reproduit le triple objectif d’hier. Malheureusement il n’y avait ni poisson ni calamar à acheter. Il fait nuit et chaud lorsque nous arrivons à Tsaragiso. Alijaona démarre le groupe, la lumière est immédiate mais il faut attendre 50mn pour que les boissons soient fraîches !

 

Vendredi 27 octobre : Nous avons une nouvelle rencontre avec l’association AVT de Tsaragiso pour étudier la liste des frais qui seront financés par un prêt à 0%. Malheureusement ces produits et matériels n’étaient pas prévus et je n’ai pas le budget : vaccins, seringues, provende, alvéoles pour ranger les œufs, une brouette, un arrosoir, une balance, un pulvérisateur… tout cela est chiffré à plus de 1000000 Ar mais il ne me reste que 200000 Ar, je fais donc une avance de cette somme (contre un reçu) et nous verrons en janvier car d’ici là l’association aura dû financer certaines choses par ses propres moyens.

Il y a encore eu du vent et de la poussière … quelques coups de balais pour retirer le plus gros.

 

Samedi 28 octobre : Cet après-midi c’est le traditionnel tournoi de boules de Tsaragiso mais en attendant nous avons, comme chaque jour, la visite de Nihagna, une gamine de 4 ans sympathique et bavarde. Elle tient à nous répéter les prénoms qu’elle connait et qui manifestement ont de l’importance pour elle, elle ponctue sa liste en comptant avec ses doigts (en brousse ce comptage commence toujours par l’auriculaire) et en tendant le bras : « alors hun tu sais il y a Jaquiline hun, Natacha, tu sais, et Rasoa… », « tu parles souvent de Jaquiline mais moi je ne connais pas Jaquiline, où est Jaquiline ? », « Tu ne connais pas Jaquiline ! Elle est là-bas (au sud de Tsaragiso) », « Ah bon mais qui est Jaquiline ? », Et Nihagna étonnée et limite agacée « Mais Jaquiline c’est la maman de ma maman ! », « Ah d’accord, il faudra que tu me la présentes et qui est Natacha ? », « Natacha c’est ma meilleure copine, non c’est une copine, tu sais hun, ma meilleure copine c’est Rasoa tu sais »…Et vers midi Nihagna arrive avec sa maman, j’en profite pour aller avec elles pour la grande rencontre de Jaquiline. Et je fais la connaissance de jaquiline, une magnifique grand-mère. Je lui parle de Nihagna qui me parle tous les jours d’elle et Jaquiline sourit de plaisir.

Ce midi nous déjeunons à la gargote d’Ankaraobato et les filles de l’équipe de foot du CFP passent me dire bonjour, elles vont disputer un match contre un village de la commune d’Ankililoake. « vous les avez déjà rencontrées ? », « oui et on a perdu aux penalties ! », « aujourd’hui je vous vois gagner 3 à 0 ». les filles sont étonnées « allez les filles et passez me faire le compte rendu du match ! ».

Au retour à Tsaragiso, Alijaona commence à prendre les inscriptions pour le tournoi….24 équipes s’inscrivent dont M. Piquet et moi-même. Le tournoi démarre avant 15h, il fait très chaud. Des cris comme d’habitude ponctuent chaque rencontre dans une ambiance « coupe du monde ». J’exagère à peine car ce tournoi c’est un peu la coupe du monde de Tsaragiso à chaque mission. J’ai oublié la feuille du tournoi à Tsaragiso je n’ai donc pas les noms des vainqueurs mais ce qui est sûr c’est que le tout Tsaragiso a gagné !

Après avoir remis les trois prix (8000, 4000 et 2000 Ar), les filles du CFP arrivent en chantant bruyamment, il y a foule sur la terrasse et devant la maison. Je leur demande si elles ont gagné, oui ! Et combien ? … 3 à 0, ce n’est pas vrai ? Mais si 3 à 0. Je suis heureux pour elles qui sont très fières d’avoir « honoré » mon pronostic.

 

Dimanche 29 octobre : C’est le départ pour Tuléar, nous y sommes vers 11h. Faire le plein, payer la location, une  douche et direction « Le Jardin » pour se faire servir à l’ombre et au frais.

A 16h nous recevons les entrepreneurs à l’hôtel, ils me remettent leurs devis, que je regarderai demain à Tana… j’aurai le temps en attendant le vol pour Paris.

Les inaugurations des réalisations 2017 se sont bien déroulées, les trois parrains ont été enchantés de leur mission, les projets 2018 se sont précisés, cette mission est terminée … vivement la prochaine !

Philippe MEYER – Président de Projet Action                                                                                                          

 

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