mission de janvier 2019   ~  compte rendu 

 

Samedi 12 janvier : 8h30 j’arrive à l’heure à Tuléar et je suis accueilli par Alijaona. Un taxi nous attend pour nous emmener à l’hôtel (Chez Alain). Après la douche, je fais le point avec Alijaona sur le programme de la mission : pas de changement, enfin nous ne le savions pas encore…. Car il va pleuvoir ! Nous allons faire quelques emplettes dont des boissons mais pas trop car il en reste du mois d’octobre à Tsaragiso. Nous achetons également des légumes verts et quelques fruits pour cause d’un équilibre alimentaire souhaitable. Après avoir déposé ces achats à l’hôtel, nous prenons la direction du « Jardin » pour un repas équilibré et ombragé… le soleil perce parfois entre de méchants nuages lourds et noirs.

Retour « Chez Alain » pour une sieste partiellement réparatrice : j’ai très peu dormi dans l’avion. Je me réveille vers 16h30 car nous recevons à 17h les entrepreneurs pour des négociations sur des devis 2019 et pour leur donner rendez-vous samedi 19 à 7h30 à l’hôtel pour aller ensemble à Fitsitike pour examiner la toiture de l’école primaire « Caroline Dinin » que nous avons réalisée en 2010 mais M. Ramanba, « feu » l’entrepreneur, avait « oublié » de mettre les tôles appropriées (Fitsitike est un village côtier : le sel ...) et la toiture a aujourd’hui quelques fuites sur le côté sud.

Nous recevons également l’entreprise de menuiserie à qui je remets une liste de meubles à deviser pour le 28 janvier.

Je dîne seul, au calme ou presque car la pluie se déchaîne, et je regagne ma chambre rapidement… dormir !

 

Dimanche 13 janvier : Alijaona est là vers 8h, nous démarrons peu de temps après, vérification du plein et à nous la RN9.

Je voulais dire bonjour à la chorale d’Antsonomarify et j’ai aussi une photo à prendre des enfants du préscolaire et des cadeaux pour Pierre, le fils de Vaohita mais il y a trop d’eau dans la rivière Manombo et nous ne pouvons pas la traverser ! Nous poursuivons donc vers Tsaragiso avec une halte à Milenake pour saluer Mme Perline qui a perdu sa plus jeune fille début novembre de maladie ; quelle maladie ? On ne sait pas ! On ne sait jamais ! A 5 ans, elle me faisait toujours la fête quand elle me voyait, elle ne me fera plus la fête.

A Tsaragiso, après avoir vu Lisa, ce sont les retrouvailles, les visites des voisins, les bonjours ; je suis revenu et les villageois trouvent cela normal (et moi aussi).

Nous ouvrons la maison qui est humide car il pleut depuis plusieurs jours, cela fait quasiment trois ans que cela n’était pas arrivé… une énorme bonne nouvelle pour tous les villageois, les rizières commencent à se remplir.

Le repas est vite préparé : soupe, œufs au plat (le poulailler n’est pas loin), Vache qui rit… ça sera un peu mieux ce soir avec carottes râpées, canard, haricots verts et mangue rouge-orange (à peu de chose près la meilleure du monde).

 

Lundi 14 janvier : Départ à 7h45 pour aller à Marofoty en espérant pouvoir passer. Sur le pont de la rivière Manombo nous constatons que le niveau de l’eau a baissé ; nous devrions pouvoir passer et de fait en arrivant sur la rive nous nous engageons sans problème, les pneus sont bien mouillés mais sans plus.

Nous faisons halte à Antsonomarify pour dire bonjour et prendre la photo dont nous avons besoin pour une opération sur  un site de collecte de fonds mais ...les enseignantes ne sont pas là, certaines sont au grand marché hebdomadaire de Tsianisiha dont Vaohita, je ne peux donc pas lui offrir les cadeaux pour son fils Pierre. Nous poursuivons jusqu’à Marofoty où nous devons examiner les projets à moyen terme de la commune. Nous nous réunissons (pour la première fois) dans la salle polyvalente réalisée en 2018 et inaugurée le 20 octobre dernier.

Le Maire est là avec les adjoints et tous les chefs de villages (il y a huit villages dans cette commune). Après les mots de bienvenue nous démarrons : j’ai observé que la portion de piste entre Marofoty et Antsonomarify (3 km, piste réalisée en 2016) qui devait être débroussaillée depuis juin 2018 … ne l’avait pas été, la commune s’était engagée à le faire et sept mois après … rien ! J’en parle donc en m’étonnant des promesses non tenues et en remarquant que la commune ne soit apparemment que spectatrice et non actrice. Le Maire n’a pas grand-chose à dire… « j’avais dit à des villageois de le faire et ils ne l’ont pas fait ». M. le Maire, tout le monde sait qu’avec une vingtaine de villageois, il n’y a que quelques heures de travail….

J’enchaîne en demandant si, depuis juin également, les 5 souches « oubliées » du projet de piste entre Marofoty et Manombo ont enfin été retirées ? Alijaona en a parlé à plusieurs reprises au Maire. « Alors M. le Maire, ces souches ont-elles été retirées ? », « Euh… non »

Bon, je vais rester calme, je dis simplement : « M. le Maire, nous sommes le 14 janvier, je repasserai voir ces deux points au plus tard le 20 janvier et si rien n’a été fait, nous serons amenés à réfléchir sur ce grand projet de piste entre Marofoty et Manombo.

Passons maintenant aux projets à moyen terme de la commune qui en principe ont dû être discutés avec tous les villages et classés par ordre de priorité, je demande donc au Maire de me remettre la liste…. « la liste ? » dit le Maire, et moi « il n’y a pas de liste ? ». Je m’assure auprès d’Alijaona que la communication a bien été faite ; oui à plusieurs reprises. Je range mes lunettes, mon cahier et mon stylo et je me lève en disant à l’assemblée que l’on se verra peut être une autre fois. Je sors de la salle. Nous démarrons en direction de Tsianisiha où nous devons faire le point avec Malala sur le fonctionnement de la gargote.

L’attitude de la commune de Marofoty me fait repenser au célèbre proverbe africain « vous avez la montre et nous , nous avons le temps ». Les autres communes ont beaucoup de projets et les expriment, nous le verrons à Tsifota, à Manombo et à Tsianisiha.

Nous sommes vers 11h à Tsianisiha et nous parlons avec Malala de ce qui s’est passé… on en apprend de belles ; l’ancien Maire M. Nataly (assassiné le 16 juin dernier) s’est fait remettre chaque jour la recette de la gargote et cela a duré cinq semaines…. Sans doute pour alimenter la caisse de la commune (?) Malala a tout noté : 2724300 Ar en tout… Malala a dû contracter deux prêts chez Volamasoa, le 2e prêt sera remboursé (145000 Ar par mois) en juin prochain et dans le même temps les remboursements pour Projet Action sont au ralenti.

J’avais un peu réfléchi au problème depuis la mission d’octobre et le plan suivant est imaginé :

  • Malala doit finir ses remboursements (Volamasoa et Projet Action) ce qui devrait durer une vingtaine de mois en ce qui concerne Projet Action (il nous reste à recevoir environ 2300000 Ar sur les 8800000 Ar prêtés fin 2013)
  • Lorsque ces prêts seront remboursés, Malala deviendra officiellement la gérante de la gargote.
  • A partir de ce moment-là, la commune, propriétaire de la gargote, recevra de Malala un loyer mensuel de 50000 Ar

Une convention sera signée dans ce sens en mars prochain entre la commune, la gérante et Projet Action.

Nous continuerons de suivre de près la libre et bonne gestion de la gargote parallèlement au bon déroulement du partenariat entre la commune et Projet Action. En gros, tout devrait bien se passer pour ne pas fragiliser le partenariat avec la commune. Nous déjeunons à la gargote.

Le cyclone « Desmond » continue de faire tomber sur nous toute la pluie du ciel (j’ai un doute ; qui chantait ça ? Petula Clark ou Rica Zaraï? Il faudrait demander ça à Francis. En tout cas ce n’est pas Richard Anthony, lui c’était « j’écoute en soupirant la pluie qui ruisselle, frappant doucement sur mes carreaux, comme des milliers de larmes qui me rappellent que je suis seul en l’attendant, oh dis-lui de revenir un jour et qu’entre nous renaisse encore un grand amour, le passé ne sera plus qu’un triste souvenir... ». Ah, il y avait du texte à l’époque !

 

Mardi 15 janvier : La journée est consacrée à quatre conférences au CFP et au lycée technique : la participation des jeunes est volontaire et les sujets abordés sont libres.

Aux 28 jeunes des sections « agri » et « élevage », nous parlons de Robson Tsiravoa : pourquoi leur CFP porte-t-il ce nom ? C’est l’occasion de refaire un petit historique. Des demandes sont faites à Projet Action : refaire la clôture du CFP, fournir des livres, procurer du matériel pour l’élevage. J’explique notre démarche qui nous amène à ne pas intervenir dans le fonctionnement des réalisations et ce que vous demandez est à la charge du ministère et du budget de fonctionnement du CFP.

Les jeunes sont 39 dans le 2e groupe « maçonnerie » et « menuiserie », les questions sont différentes mais nous reparlons de Robson Tsiravoa. C’est d’ailleurs une de ses petites filles (apprenante en maçonnerie) qui renseigne l’assistance sur son grand-père même si elle n’a que 16 ans et est donc née deux à trois ans après le décès de Robson.

Il est midi, nous allons déjeuner à Tsaragiso.

A 14h30 nous sommes au lycée technique pour deux nouveaux groupes. La grande salle est pleine pour accueillir les « agri et élevages », ils sont une centaine. Je m’en étonne et j’apprends par les jeunes qu’il y avait beaucoup de demandes dans ces sections et l’établissement a décidé d’ouvrir largement les portes. C’est assez étonnant et nous devrons proposer une rencontre aux deux établissements pour en savoir plus.

Un jeune pose la question d’une université technique. Je réponds volontiers en rappelant que Projet Action a toujours été à l’écoute sur ce sujet et que nous sommes prêts à y répondre mais c’est le ministère qui pour le moment n’est pas prêt… Adressez-vous au ministère.

Dans le 2e groupe (30 jeunes) « maçonnerie-menuiserie-mécanique auto » la question suivante est posée : que faire après le lycée technique avec ou sans le bac pro ?

Je réponds qu’à mon avis il y a trois pistes :

  • la première serait que le lycée technique se dote d’un cours spécial, au moins en 3e année, de façon à préparer les jeunes à ce passage dans « l’après scolaire ». Ce cours pourrait donner naissance à la création d’un comité de repérage et de recherche de débouchés.
  • La deuxième piste se situe dans l’attitude des lycéens eux-mêmes : être acteurs et non spectateurs !
  • La troisième piste a un gros point commun avec la deuxième : les lycéens ont-ils la capacité de prendre des initiatives ? Projet Action a déjà, à deux reprises, fait une proposition claire aux bacs pro : seuls ou par petits groupes, qu’ils montent un projet d’activité en réalisant un petit dossier pour nous le soumettre. Après en avoir pris connaissance, nous rencontrerions le (s) porteur (s) de projet pour remarques et questions et si le projet est validé, Projet Action ferait le nécessaire pour une aide concrète au démarrage de l’activité. Mais à ce jour nous n’avons reçu aucun dossier …

Ces conférences étaient une première et je les juge plutôt encourageantes.

Il pleut encore et le vent fait même rentrer la pluie dans la maison, on fait avec !

 

Mercredi 16 janvier : A 10h nous avons rendez-vous à la salle culturelle avec Eugène et les 10 artistes qu’il a contactés à ma demande. Des peintres et des sculpteurs, l’objectif est double : mettre en valeur le travail de ces artistes et en faire profiter quelques villages, structures ou associations qui gagneraient une œuvre. Mais dans un premier temps, il est intéressant de rencontrer les artistes et de voir ce qu’ils proposent.

Il y a toujours des difficultés à réunir des personnes qui n’en ont pas l’habitude et la rencontre proposée aujourd’hui n’échappe pas à ce problème… un seul artiste est présent, il est d’Ambatolily, c’est un peintre et sculpteur. Il fait aussi différents petits boulots car il n’exerce pas ses talents d’artiste à temps plein.

Il nous raconte ce qu’il fait mais il n’a rien amené, il travaille uniquement sur commande et n’a pas de stock. Je comprends bien la situation mais j’explique notre projet et les artistes intéressés doivent comprendre qu’il nous est indispensable de pouvoir découvrir ce qu’ils réalisent, faute de quoi nous aurons du mal à essayer de les mettre en valeur, d’organiser un concours voire de leur acheter des œuvres.

Nous convenons avec Eugène de « remettre ça » en mars, la rencontre d’aujourd’hui aura permis de mieux expliquer notre projet.

Ce midi c’est la « fête » à Tsaragiso car pour le repas, il y a des frites et du poulet. Et au repas du soir, nous avons des invités : Laïmaro, Déric et Fernand, les trois frangins ont gagné un repas pour avoir bien réalisé le boulot que je leur ai demandé : nettoyage et élagage de la végétation, dont pas mal de cactus, qui envahit l’arrière de ma maison. Ils ont bossé pas loin d’une heure et ce soir ils sont à table sur la terrasse pour un repas complet avec Alijaona et tonton Philippe. Il y a évidemment quelques copains un peu envieux mais il est de coutume à Madagascar (y compris à Tsaragiso) de laisser les convives tranquilles dès le début effectif du repas.

 

Jeudi 17 janvier : Le jeudi c’est jour de marché à Milenake et autant que possible on essaye de ne pas manquer ça et il se trouve que nous avons rendez-vous ce matin avec M. Naivoson pour faire le point sur le fonctionnement du resto et pour échanger des idées sur des AGR (Activités Génératrices de Revenus).

Arrivés à Milenake nous faisons d’abord un tour au Maxi Marché couvert pour quelques achats (oignons, tomates, aubergines) et nous remarquons malheureusement que ce marché n’a toujours pas été nettoyé. Décidément M. le Maire n’a pas la compétence de l’organisation du nettoyage.

A moins de 100m de là, nous retrouvons Naivoson au resto où le point sur le fonctionnement est fait rapidement : il n’y a pas de clients tous les jours mais à force de qualité, du cadre aéré du resto et des tarifs très raisonnables, le bouche à oreilles fait son chemin et les clients reviennent. Naivoson me rembourse 200000 Ar pour le prêt à 0 % d’intérêts accordé fin 2013.

Nous passons au sujet « AGR » et comme j’y ai réfléchi depuis octobre, je propose à Naivoson trois idées : la production d’œufs, de miel et de tomates de chair pour faire des salades. Les œufs sont une évidence vu la grande réussite du poulailler de Tsaragiso et le potentiel de vente. A propos du miel, j’apprends que Naivoson a depuis un an deux ruches qui produisent un excellent miel (je lui en achète un litre). Ce produit devrait avoir deux débouchés : l’export et les hôtels-restos de Mangily. Et enfin les tomates de chair, il y a beaucoup de tomates sur la commune (suite à nos actions de 2002 et 2003 sur le maraîchage) mais ces tomates locales sont surtout réservées à faire des sauces avec les oignons et ne sont pas top en salade en fait elles manquent un peu de goût et de consistance ce qui n’empêche pas les restos de Mangily-Ifaty de les utiliser en salades. Je pense que de vraies tomates auraient certainement des clients parmi les hôteliers d’autant que ceux-ci pourraient aussi s’approvisionner en miel et en œufs sans parler des produits locaux dont le riz, le maïs, les lentilles, les aubergines, le manioc … qui ne manquent pas dans toute la zone.

Naivoson est bien en phase avec tout cela, nous parlons de formations pour lesquelles Naivoson ira prendre contact avec Sébastien le directeur du CFP pour vérifier toutes les possibilités. Nous projetons enfin de rencontrer six villages de la commune en mars en ciblant deux villages par produit. Nous sommes tous les deux emballés par ce projet mais il faut avancer calmement et en bon ordre.

Nous poursuivons la discussion pendant le repas et nous rentrons ensuite à Tsaragiso … sous la pluie !

 

Vendredi 18 janvier : Ce matin c’est direction Tuléar pour faire le plein de quelques boissons et du 4x4. Le midi nous retrouvons avec plaisir notre annexe préférée : Le Jardin … se faire servir un bon repas plus équilibré qu’en brousse est tout à fait appréciable. Alijaona a rendez-vous chez un kiné pour une cheville qui l’ennuie depuis la mission d’octobre, j’en profite pour aller faire une sieste royale. On se retrouve en fin de journée Chez Alain pour faire le point : demain matin nous attendons les entrepreneurs ici à 7h30 pour aller avec eux à Fitsitike examiner la toiture de l’école primaire que nous avons réalisée en 2010 et pour laquelle l’entrepreneur de l’époque a oublié de mettre les tôles galvanisées …

 

Samedi 19 janvier : Nous n’avons aucun problème, malgré la pluie, pour arriver à Fitsitike en passant par Ankilimalinike et en empruntant les pistes que nous avons réalisées en 2015 et 2017. Il restait à arriver au village par une piste incertaine en temps de pluies mais sachant que nous devions passer ce matin, M. le Maire a eu la riche idée de faire faire d’assez gros travaux en faisant remblayer le point noir par une bonne quantité de gravats et pierres (sans doute plusieurs dizaines de charrettes) avec quelques charrettes de terre par-dessus et le pick up passe les doigts dans le nez !

Nous arrivons à l’école où trois enseignants nous attendent ; nous examinons la toiture de l’extérieur et surtout de l’intérieur : les 4 salles et le bureau du directeur et effectivement il pleut dans les classes à cause de centaines de points de rouille qui ont finis par percer les tôles sur le côté sud … là d’où vient le vent 95 fois sur 100. Les entrepreneurs examinent particulièrement les pannes et heureusement elles sont manifestement intactes. Le devis à faire est assez simple : changer toutes les tôles en les remplaçant par des tôles galvanisées, refaire les sols (il y a quelques trous) et donner quelques jolis coups de peinture. Les « devoirs » sont à me remettre le lundi 28.

Nous avons maintenant une rencontre à Manombo pour faire un premier point sur le fonctionnement du gîte d’étape (4 chambres) inauguré le 18 octobre dernier. Le comité communal de gestion est là au grand complet (8 personnes + M. le Maire). Il apparaît tout de suite que les trois premiers mois de fonctionnement sont une belle réussite, les clients ne se bousculent pas encore mais les chambres sont louées à raison de plusieurs nuitées par semaine. Le problème étant que le comité n’a aucun chiffre à me fournir. Je suis pour le moins étonné et je le dis au comité…. Comment ne tenir aucun compte ? L’argent rentre directement dans les caisses de la commune … les bras me tombent des mains !

Mais ils savent au moins qu’ils peuvent me rembourser sans problème la somme prévue soit 240000 Ar (80000 Ar par mois). J’en prends note et je signe le reçu. Je demande au comité de noter désormais dans un cahier les nuitées louées et les recettes correspondantes pour notre point du mois de mars prochain. Pour rappel, les remboursements correspondent au prêt à 0 % d’intérêts accordé en octobre dernier pour le paiement des meubles, lits, tables, matelas, draps, couvertures… c’est notre démarche lorsqu’il s’agit d’une activité commerciale. Le gîte lui-même ayant été financé à 100 % par Projet Action et offert à la commune.

Je rappelle à l’assemblée qu’ils ont le droit de rembourser plus rapidement que ne le prévoit le plan de remboursement car « vous avez un autre projet : une gargote communale qui serait sans doute bien utile, notamment pour nourrir les clients du gîte, mais il n’y aura pas de gargote tant que le prêt lié au gîte ne sera pas remboursé ». Le prêt est de 1682000 Ar sur 21 mois, il en reste 18. Pour info, une chambre est louée 7000 Ar la nuit.

Nous repartons vers Ankilimalinike pour « déposer » les entrepreneurs qui prendront un taxi-brousse pour rentrer à Tuléar et nous revenons à Antanimena pour traverser la rivière Manombo, aller voir si les fameuses souches ont été retirées sur le projet de piste et passer à Antsonomarify pour prendre la photo des gamins et gamines du préscolaire mais …. ça ne sera pas pour aujourd’hui car la rivière est infranchissable : niveau trop haut, courant trop fort !

Demi-tour pour atteindre Tsianisiha par la RN9.

Nous avons commandé deux repas à la gargote et nous en profitons pour poursuivre notre réunion avec Malala sur la gestion de ses remboursements et sur le montant du loyer qui pourrait être à terme versé à la commune. Malala a aussi quelques idées pour développer l’activité de la gargote-épicerie et notamment des fournitures scolaires et des cartes de téléphone.

Nous rentrons à Tsaragiso… pour découvrir que le lit d’Alijaona a pris un peu d’eau : la tôle faîtière n’est pas assez grande et le vent ne s’est pas gêné pour pousser de l’eau en dessous ! Il faut balayer, aérer et par ailleurs faire quelques achats pour le repas de ce soir et ceux de demain.

 

Dimanche 20 janvier : Il n’a pas plu cette nuit, nous espérons donc pouvoir passer pour aller à Antsonomarify. Vers 8h, nous sommes, côté Tsianisiha, au bord de la rivière. Le niveau a légèrement baissé mais par prudence Alijaona va reconnaître le passage à pied et sur le premier passage d’eau qui n’est pas très profond il remarque que le sable est mou et surtout ce passage se termine par une marche haute d’environ 50 cm… il ne sera pas possible de passer, en tout cas nous décidons de ne rien risquer. Hier, nous avons appris qu’un 4x4 a tenté le passage et  est resté coincé en plein milieu pendant des heures, il s’en est sorti par miracle grâce à une baisse du niveau mais si le niveau avait monté … le 4x4 ne vaudrait plus grand-chose à l’heure qu’il est.

Nous rebroussons chemin. Retour à Tsaragiso.

Dans l’après-midi Alijaona a voulu jouer aux boules, il s’est bien battu, je ne me souviens plus du score mais malheureusement pour lui… enfin je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie.

 

Lundi 21 janvier : Hier soir nous avons réussi à joindre le Maire de Manombo au téléphone et, compte tenu du niveau de la rivière, nous lui avons proposé de tenir la réunion à Tsihake ainsi seuls les gens de Manombo auront la rivière à traverser à pied ou en charrette. Nous devons ce matin faire le point des projets à moyen terme de la commune avec le Maire, les adjoints et conseillers ainsi que tous les chefs de villages et seul le chef-lieu se situe au nord de la rivière.

Le Maire est d’accord. En passant sur le pont de Tsianisiha nous constatons un inquiétant niveau de la rivière, nous avons donc bien fait de déplacer la rencontre à Tsihake. Nous arrivons à l’école primaire de Tsihake à 8h45 et nous ne trouvons que le directeur qui nous dit qu’il n’y a quasiment pas d’eau … comment cela est-il possible ? En fait entre le pont de Tsianisiha et ici il y a des prises d’eau pour des canaux d’irrigation qui partent dans la commune de Marofoty. Ces canaux sont toujours à sec sauf quelques jours comme aujourd’hui mais ça n’arrive pas tous les ans.

La réunion a donc lieu à la mairie, tout le monde est là (35 personnes), les villages du sud de la commune sont arrivés dans un 4x4 (Madiorano, Ambolimailake, Andrevo haut, Andredo bas). Je redis l’objet de notre rencontre et je demande à M. le Maire si une liste a été établie, il me répond qu’ils viennent de refaire leur PCD (Plan Communal de Développement) et qu’il leur a suffi de piocher dedans pour établir leur liste prioritaire : réalisation de la piste entre Marofoty et Manombo (piste n°5), un collège à Ambolimailake et restauration de l’école de Fitsitike (notamment toiture).

Je reprends la parole pour dire que la piste en question est pour nous un projet 2019, il y aura une réunion en mars pour faire le point sur ce projet. A propos de l’EPP de Fitsitike, je confirme que nous y sommes allés avec nos entrepreneurs avant hier, j’aurai les devis dans une semaine et c’est aussi un projet placé sur 2019. Quant à la demande de collège, ma première réaction est de demander si la DREN (Direction Régionale de l’ Education Nationale) est au courant de cette demande et si oui, ce qu’elle en pense. Oui, la DREN est au courant et elle est d’accord. Très bien mais Projet Action voit souvent des établissements scolaires dont des CEG pourvus seulement de 10 % ou 20 % d’enseignants titulaires (et donc fonctionnaires) les autres sont des suppléants dont certains ne sont pas subventionnés, ils ne touchent rien et ont simplement l’espoir d’être un jour titularisés. L’autre problème réside dans leur formation, certains n’ont que le BEPC … le tout donne une assiduité qui laisse à désirer.

Je demande donc à la commune d’aller revoir la DREN  et de leur dire que Projet Action pourrait réaliser ce projet si la DREN s’engageait à y nommer un minimum de 50 % d’enseignants titulaires cet engagement donnerait lieu à la signature d’une convention de partenariat entre la DREN, la commune et Projet Action.

Je demande également à la commune de mener une enquête pour évaluer le nombre de collégiens qui seraient concernés par ce nouveau collège. Actuellement certains viennent au CEG de Manombo, d’autres vont à Tuléar (car ils ont de la famille là-bas qui peut les héberger) mais que feront-ils si le nouveau collège est réalisé … ne choisiront-ils pas de rester à Tuléar ? Dans tous les cas il faut une évaluation assez précise pour dimensionner ce projet.

Du côté validation de cette demande, notamment du point de vue géographique, il n’y a pas de problème car les villages concernés sont assez voire très éloignés de Manombo d’une part et que d’autre part les fortes pluies, comme c’est le cas en ce moment, peuvent couper l’accès du collège aux collégiens.

Il est 11h passées, il est temps de nous diriger vers Tsandamba … Nous commençons à avoir faim et soif et il y a près d’une heure trente de « route ».

M. et Mme Odilon nous accueillent avec un repas « poisson » et des boissons fraîches. On papote comme d’habitude, il y a toujours beaucoup de choses à se dire ; Tsandamba est un peu à l’écart et on ne se voit pas souvent.

Vers 15h on se dirige vers ma maison, je voulais me baigner mais le temps ne s’y prête pas, il pleut, il y a du vent et l’eau est sombre. A 18h la pluie s’est intensifiée, nous sommes sur la terrasse et on voit arriver du nord un mur noir qui a l’air de faire plusieurs centaines de mètres de haut. Il fait nuit une heure plus tôt qu’hier. Ce mur de nuages est très impressionnant, il vient vers nous, je prends mon courage à deux mains et je me réfugie dans la maison, une minute après le « mur » passe au-dessus de nous, j’ai cru que le toit (qui n’est pas en bon état depuis 2006) allait céder mais … il a tenu le coup. Derrière, nous avons assisté à une belle éclaircie.

Dîner chez Odilon avec un blouson, je suis fatigué et l’on se couche vers 20h30.

 

Mardi 22 janvier : Nous sommes à 8h30 à Tsifota pour rencontrer la commune et échanger sur ses projets à moyen terme. Comme à Manombo, la commune vient de mettre à jour son PCD et en a extrait trois projets prioritaires : un collège à Andravona (dernier village au nord de la commune), l’école primaire de Bekodoy à restaurer et agrandir, l’école primaire de Fiherenamasay à restaurer (fissures inquiétantes sur un ou deux murs).

M. le Maire est entouré de ses adjoints et de tous les chefs de villages. Je commente les 3 demandes en commençant par l’EPP de Bekodoy en disant que nous sommes allés la voir en octobre et que c’est un projet placé en 2019, il y aura une réunion en mars à Tsandamba pour faire le point. Je poursuis sur l’EPP de Fiherenamasay en disant que je passerai la voir en mars. J’en viens à la demande du collège (il en existe un à Tsifota) et je pose les mêmes questions et fais les mêmes remarques qu’à Manombo pour le collège d’Ambolimailake : contact DREN, engagement de nommer au moins 50 % d’enseignants titulaires et enquête sur les « clients » potentiels de ce futur collège Par ailleurs, vu la situation géographique d’Andravona, la demande du collège est assortie d’une demande d’internat et là aussi il me faudra des chiffres précis car nous devrons évidemment éviter de faire un internat de 50 places en prenant le risque que plus de la moitié ne soit pas utilisée. Et si les chiffres ne me semblent pas fiables, la capacité de cet internat sera minimisée quitte à constater sur les premiers mois de fonctionnement qu’il est trop petit et d’en faire un second l’année suivante.

Tout le monde est satisfait de cette rencontre et avant de partir, je conseille à l’assemblée de ne pas attendre pour le contact avec la DREN et pour l’enquête « n’attendez pas des mois car ce projet pourrait être placé en 2020 et ça serait dommage de ne pas avoir fait le nécessaire avant ».

Notre programme pour demain ayant été modifié à cause de la pluie, j’ai décidé de rentrer à Tuléar pour mieux me reposer et « soigner » mon équilibre alimentaire. Nous déjeunons à Mangily car il est déjà 13h30.

Je suis content de me retrouver au calme Chez Alain : une coupe de fruits et une sieste avant de retrouver Alijaona pour refaire un point sur la suite de notre programme. Demain c’est repos, prochaine réunion jeudi à 9h à Tsianisiha, nous partirons de Tuléar à 7h30 maximum. Je dîne seul : crudités, filet de poisson, yaourt et fruit…. Parfait.

 

Mercredi 23 janvier : Alijaona arrive à 9h comme prévu. Ce matin nous devons « travailler » tous les deux sur différents points et nous réalisons entre autre le programme de la mission de mars : une dizaine de villages pour faire le point sur les projets 2019 (et en principe annoncer les réalisations de l’année et donc signature des conventions de partenariat), six autres villages (Cne de Milenake) pour réfléchir sur des Activités Génératrices de Revenus (œufs, miel, tomates), le point et remboursements resto, gargote et gîte, une rencontre avec Bel Avenir pour parler des classes vertes 2019, un tournoi de boules à Tsaragiso et l’expo des artistes dans la salle culturelle … il y aura de quoi faire.

Ce midi nous retournons « Au Jardin » pour un repas décontracté. Cet après-midi repos et ce soir je dîne Chez Alain.

 

Jeudi 24 janvier : Nous démarrons à 7h20 : on fait le plein du pick-up et on roule ... sous la pluie. Nous devons être à 9h à Tsianisiha pour rencontrer le nouveau Maire et ses adjoints. Nous arrivons pile à l’heure et  la réunion commence pour échanger sur la gargote et le projet de nouvelle gestion. Nous racontons ce que nous avons appris par Malala et la proposition est faite : 1- Malala rembourse le prêt de Volamasoa jusqu’en juin 2019 et le prêt de Projet Action jusqu’à l’automne 2020. 2- Malala est la gérante de la gargote et, une fois les prêts remboursés, elle versera un loyer de 50000 Ar par mois à la commune. Nos interlocuteurs sont d’accord sur ces propositions, ils souhaiteraient simplement que la gargote propose chaque jour un plat de riz (avec viande). Je dis qu’il faudra essayer mais le problème est qu’il n’y a pas de clients chaque jour et dans ce cas que faire de ce qui aura été préparé ?

Nous poursuivons jusqu’à Tsaragiso et, oh surprise, notre arrivée à la maison correspond avec une magnifique éclaircie… ciel bleu et soleil : ça fait du bien.

Ce midi nous avons réservé une table à la gargote d’Ankaraobato.

L’après-midi est en partie consacrée à l’aération et à l’assèchement de la maison et balayage !

 

Vendredi 25 janvier : Je viens de finir mon petit déjeuner quand je vois arriver Naivoson, il s’assoit et il veut reparler de ce que l’on s’est dit il y a huit jours à propos des AGR pour avoir quelques précisions… On parle et comme avant hier avec Alijaona nous avons fait le programme de la mission de mars, je lui donne les deux jours dans lesquels on a placé les rencontres avec les six villages : Ankaraobato, Anteteza, Ambatolily, Marolonake, Belavenoke et Antanimena. Nous verrons deux villages le matin et le troisième à 15h. Naivoson prend note et nous convenons ensuite que ce sera Naivoson qui informera les villages et Alijaona passera ensuite pour confirmer.

Le grand ciel bleu et le soleil confirment la belle éclaircie d’hier… on commence à revivre.

A 11h nous recevons les brodeuses qui nous apportent les 120 sacs « épices » commandés en octobre et par mail en décembre. Nous les examinons un par un : ils sont superbes, je paye et nous signons un nouveau bon de commande pour 100 nouveaux sacs à livrer en mars. Nous offrons à boire aux trois brodeuses qui ont fait le déplacement.

A 15h nous recevons l’association AVT de Tsaragiso pour faire le point sur le poulailler : ça continue de bien fonctionner et les œufs sont au rendez-vous avec en moyenne 37 à 40 œufs par jour pour 43 pondeuses : bravo. Je redis aux membres d’AVT que notre Conseil d’Administration et pas mal de parrains suivent avec attention cette belle réussite… la fierté se voit sur les visages. Nous parlons ensuite de leur trésorerie et de l’échéance d’octobre (dans le cas où nous voterions l’agrandissement du poulailler) où il faudra commander les poussins pour remplacer les 43 pondeuses actuelles (qui seront conservées au minimum jusqu’en février 2020) et pour remplir le ou les nouveaux poulaillers. Au total il y aura 100 ou 150 poussins à commander. Le « bouquet » final est que d’après leur trésorerie et les ventes à venir, AVT n’aura pas besoin d’un nouveau prêt de Projet Action ! BRAVO.

Cela dit, en leur faisant préciser leurs recettes et leurs dépenses, je trouve que la marge est « limitée » et potentiellement fragile. Nous parlons des moyens d’améliorer cette marge. L’association, comme convenu en octobre, est allé voir Sébastien, le directeur du CFP, pour lui demander si AVT pourrait utiliser le broyeur financé par Projet Action en janvier 2015 je crois. Et Sébastien est non seulement d’accord mais il a ajouté que « le CFP dans cette zone est aussi fait pour ça ». C’est une excellente nouvelle qui va permettre aux membres d’ AVT de fabriquer eux-mêmes la provende au lieu d’aller l’acheter à Tuléar. Voilà le beau levier sur les dépenses. Nous parlons ensuite des ventes et je suggère une augmentation de 5 % à 10 % du prix de l’œuf qui est actuellement à 500 Ar. Pour finir je remets aux membres 7 à 8 boîtes à œufs (issues de la consommation de la famille Meyer depuis novembre) et 5 ou 6 plateaux (1 plateau contient 30 œufs) « empruntés » à Monoprix.

Ce soir nous préparons un repas complet avec carottes râpées, poulet, légumes verts, fromage et fruit (deux mangues qui sont « à tomber »).

 

Samedi 26 janvier : Il y a deux jours, le tournoi de boules de ce jour était annulé mais depuis près de 48h le soleil a fait son œuvre et le terrain est tout à fait jouable. Vers 10h nous commençons à prendre les inscriptions qui seront complétées en début d’après-midi  et à 15h15 les premiers matchs démarrent (en 8 points pour gagner du temps car il y a 16 équipes inscrites chez les garçons et 8 équipes chez les filles). C’est donc 48 jeunes qui s’affrontent pour ce grand tournoi traditionnel depuis bientôt neuf ans. Quand je dis « jeunes » je devrais avoir l’honnêteté de dire que je me suis inscrit avec Nyla (un jeune de 24 ans qui a eu le bac pro section agriculture en 2018), M. Piquet ayant déclaré forfait. Nous tombons contre deux gamins dont Tolotra, 10 ans, et je remercie le sort car nous allons au moins passer un tour … mais … en moins de dix minutes nous prenons une grosse claque : 8 à 1. Et moi qui croyais qu’ici la jeunesse avait du respect pour les personnes âgées ! Je ne comprends pas ce qui s’est passé !

Inutile de vous dire que l’ambiance est à son maximum et les villageois d’Ankaraobato ou d’ailleurs qui passent par là en revenant des rizières sont toujours étonnés de constater cette effervescence, parfois certains s’approchent pour regarder les boules qui roulent et écouter les commentaires des joueurs et des spectateurs puis ils poursuivent leur chemin … ils ont peut-être envie de jouer ?

Beaucoup de matchs sont très serrés et vers 18h ce sont les finales, les cris redoublent et c’est la remise des lots aux trois premières équipes de chacun des deux tournois : aujourd’hui les montants des sommes d’argent ont été diminués mais j’ajoute pour chaque gagnant un objet, il y aura ainsi plusieurs trousses d’écoliers bien remplies et les gagnantes filles (adultes) ont chacune un bijou fantaisie. Une grande joie pour tous y compris ceux qui n’ont rien gagné !

Nous commençons à ranger la maison car demain c‘est le départ, nous allons essayer d’aller à Antsonomarify et après nous prendrons la direction de Tuléar.

 

Dimanche 27 janvier : 7h30, le départ, nous roulons jusqu’à Tsianisiha et nous prenons à droite la « piste n°2 » vers Beroroha, nous arrivons à la rivière Manombo pour constater que le niveau a baissé (il n’a pas plu sur la zone depuis près de trois jours mais manifestement toute cette eau arrive des montagnes à l’est : nous ne passerons pas. Je suggère d’aller jusqu’à Antanimena via Ankilimalinike. Arrivés là-bas, nous constatons qu’il y a encore pas mal d’eau, Alijaona va faire la reconnaissance à pieds, il revient au bout de dix minutes : une grande marche, du sable mou… pas possible. A ce moment je pense à une charrette car j’en ai vu une traverser en sens inverse. Alijaona essaye de téléphoner à Antsonomarify, plusieurs fois mais ça ne passe pas, nous demandons à un villageois s’il n’y aurait pas une charrette disponible… et l’on attend. Alijaona arrive enfin à avoir quelqu’un à Antsonomarify, il lui explique la situation «  oui, il y a une charrette mais les zébus sont un peu loin dans un champ... » Alijaona demande au gars de faire vite. Le soleil cogne dur et j’ai laissé ma casquette à Tsaragiso, je me réfugie dans la voiture.

Après… un certain temps , il est 10h30 passés, la charrette d’Antanimena arrive, et c’est parti ; la traversée de la rivière sera épique. Alijaona et deux gars descendent de la charrette pour tirer ou pousser, le courant est très fort à certains endroits et pendant ce temps je me cramponne dur… Après 20mn pour traverser les 500m, nous arrivons enfin sur l’autre rive. Il ne reste que cinq kilomètres pour arriver à Antsonomarify.

A Androtsy, où nous avons réalisé une école primaire en 2018, j’arrive à me faire prêter un chapeau car je commençais à cuire un peu trop vite. Nous passons Marofoty sans avoir vu la charrette venant d’Antsonomarify et 7 à 800m plus loin, la voilà enfin « tara lava ! » « vous êtes en retard ! ». On est heureux de se revoir, on change de charrette et c’est reparti.L’arrivée à Antsonomarify est atypique ; c’est bien la première fois que j’y arrive en charrette, les villageois rient, certains applaudissent, nous arrivons à l’école, Danielson arrive, Gasoni, Vaohita, et quelques autres de la chorale.

On s’organise rapidement pour que les enseignantes du préscolaire rassemblent quelques dizaines d’enfants pour la photo que nous voulons prendre. En rentrant dans cette grande salle, je suis surpris par l’extrême propreté, je ne dis rien mais j’éprouve une forte satisfaction. (En octobre nous avions entre autre offert deux balais et deux pelles à poussière et manifestement ils les utilisent). Je prends 4 ou 5 photos, ça devrait aller.

Nous accompagnons ensuite Vaohita dans la maison familiale, « bonjour Pierre ! » (le fils de Vaohita qui a 4 mois mais apparemment tout le monde l’appelle Pierrot. Je remets les cadeaux pour Pierrot (offerts par ma 2e fille) et nous repartons … vers la charrette et nos trois accompagnants. Nous ne serons restés que 45 minutes, c’est trop court mais nous avons déjà une heure de charrette pour retourner à Antanimena et retrouver la voiture. Le retour sera aussi rude que l’aller, en arrivant je suis un peu cassé. Content de retrouver le 4x4. Il est près de 14h lorsque nous arrivons à Ambolimailake. Nous mangeons dans un petit resto tenu par des gens venus de Tamatave, c’est propre et l’accueil très sympathique, nous y reviendrons.

Je me repose Chez Alain et le soir je suis invité chez Alijaona. Retour Chez Alain pour une bonne nuit réparatrice.

 

Lundi 28 janvier : A 17h nous recevons les entrepreneurs et le menuisier, ils viennent me remettre le devis pour la réhabilitation de l’école de Fitsitike et leurs accords sur les remises demandées le 12 janvier. L’entreprise de menuiserie me donne les devis demandés pour les meubles, je remarque de suite des augmentations anormales et illogiques : pourquoi, par exemple, un banc augmenterait de 5 % et une chaise de 20 % … « je verrai cela à tête reposée et je vous ferai mes commentaires et demandes de modifications par mail».

Je suis heureux d’avoir pu mener à bien cette mission même si elle a été plutôt difficile à cause de la pluie. Heureux des avancées sur les projets 2019 et ceux, à moyen terme, c’est à dire à partir de 2020, tous ne sont pas encore recensés (ce sera fait en mars) mais ça avance. C’est ce qui donne l’envie et la force de continuer pour être utile en générant le développement pour des milliers de villageois.

Philippe MEYER – Président de Projet Action

 

 

 

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