mission d'octobre 2019     compte-rendu 

 

Samedi 19 octobre : J’arrive à Tuléar à 17h40 avec 5 bonnes heures de retard sur l’horaire prévu. Ce matin, depuis Tana où je suis arrivé à 3h30, j’ai fait déplacer la rencontre avec les entrepreneurs de 17h à 18h30.
Arrivée Chez Alain où je fais la connaissance de Françoise (marraine de La Réunion), je salue Dominique (parrain de La Réunion) qui vient pour la 3e fois en mission et Liliane (marraine d’Issy-les-Moulineaux) qui était venue me rencontrer à Montreuil.
Je passe dans ma chambre déposer mes valises, la douche sera pour plus tard et je reviens au resto pour la rencontre des trois entrepreneurs. Ils sont là à m’attendre. Je leur donne d’abord
rendez-vous pour le lundi 28 à 10h à Milenake pour aller « reconnaître» le projet de piste entre Beroroha et Andranodehoke et nous en venons aux projets 2020 pour lesquels j’ai dessiné les plans au 1/100e. Nous examinons un par un ces projets que je commente et je remets à chaque fois un exemplaire du plan à chaque entrepreneur : salle préscolaire « 8 tables », salle
préscolaire « 4 tables », collèges dont un à Anravona qui sera plus cher compte tenu de son éloignement et surtout de la difficulté d’accès, poulailler, marché couvert … Le plan pour les
porcheries viendra plus tard (en novembre) car je dois revoir la porcherie du CFP avant de réaliser le plan.
Rendez-vous est donné aux entrepreneurs le dimanche 3 novembre pour la remise des devis.
Je dîne « Chez Alain » avec les parrains, c’est évidemment l’occasion de partager informations et impressions sur cette mission qui démarre et qui « promet ».


Dimanche 20 octobre : Nous réussissons à partir vers 7h15 mais nous ne pouvons pas vérifier les pleins des 4x4 car il y a aujourd’hui une pénurie de gas-oil à Tuléar … c’est un vrai problème mais pas le temps de s’apitoyer ; direction RN9 où nous faisons une halte rapide à Mangily à l’hôtel solidaire de Bel Avenir où seront logés les parrains ce soir et trois autres nuits à partir de mardi. Nous repartons vers Marofoty où nous sommes attendus pour l’inauguration des buts de foot avec un match amical féminin entre Marofoty et Antsonomarify. Une centaine de
personnes est là et le match démarre quasiment à l’heure (c’est presque bizarre). L’équipe de Marofoty est favorite mais avec leur dynamisme et leur volonté, les filles d’Antsonomarify font mieux que se défendre et obtiennent un beau match nul 0 à 0.
Nous félicitons les deux équipes et retraversons la rivière Manombo pour aller à Fitsitike où plus de 200 personnes nous attendent pour inaugurer la réhabilitation de l’école primaire « Caroline
Dinin » réalisée en 2010 (le problème principal était que la toiture était rouillée à la suite d’une « erreur » de l’entrepreneur de l’époque). La toiture avec ses tôles galvanisées est flambant neuve mais nous avons également refait les sols, des portes et toutes les peintures.
Salut aux couleurs, discours de bienvenue … et demande d’un agrandissement de l’école avec notamment une salle préscolaire, je prends note ! Nous avons droit à des animations : danses et chants des femmes et des jeunes avec, bien entendu, un chapeau posé devant eux au sol…. Les villageois sont très heureux de cette belle réhabilitation et ils nous le disent. Vient le temps de couper le ruban et …. du repas avec calamar en sauce… apprécié par tous les invités. (Fitsitike est un village de pêcheurs).
Nous repartons avec notre petit coquillage offert par le village jusqu’à Ankilimalinike : les parrains au sud vers Mangily et nous au nord vers Tsaragiso.
Tsaragiso est toujours au même endroit et c’est tant mieux.


Lundi 21 octobre : Nous avons rendez-vous à 9h30 à Ankilimalinike avec les parrains … ils sont là. Direction Marofoty pour emprunter la nouvelle piste que nous allons inaugurer ce matin.
Et nous avançons tranquillement sur cette piste sur laquelle nous pourrions rouler à plus de 80km/h tant elle est belle. Je fais stopper notre 4x4 à plusieurs reprises pour aller vérifier la
largeur de 3m sur les ouvrages en béton : les 3m sont bien là.
Ma satisfaction est grande d’avoir fait corriger la largeur de ces dalots et radiers, les camions ou taxis-brousse passeront donc sans problème.
Cette piste est tout simplement magnifique et au retour il ne nous faudra que 10mn pour relier Manombo à Marofoty. En 2018, il nous avait fallu au moins 45mn. C’est aussi un formidable raccourci entre Tsaragiso et Tsandamba.
Nous arrivons donc à Manombo et nous constatons avec regret qu’il n’y a pas foule pour nous accueillir. La cause en serait, d’après les explications de notre salarié, la tenue prochaine des élections communales (le 27 novembre) : le maire sortant qui se représente a dû démissionner et cela aurait compliqué les préparatifs … l’explication est loin d’être logique et satisfaisante : il est probable que l’on ne me dise pas tout.
L’inauguration a quand même lieu … en comité restreint. Dans les discours, il est souligné l’extrême importance de cette piste qui n’a connu aucun entretien depuis … 1960. De mon côté j’indique que cette piste a « mobilisé » la part la plus importante de notre budget 2019 (près de 40 000€) et que Projet Action est consciente d’avoir réalisé un projet majeur porteur d’un changement capital pour aujourd’hui et pour demain dans la vie des habitants des communes de Manombo et de Marofoty mais aussi des autres communes comme celles de Tsifota, Milenake et Ankililoake.
Le repas nous est offert dans la grande salle de la mairie.
13h20 : nous devons partir vers Ampasilava, un hameau situé 4km au sud de Tsifota pour lequel la commune nous a fait la demande d’une salle dédiée au préscolaire. Nous y arrivons à 14h et la rencontre a lieu dans une salle en « paille » où les enfants de préscolaire et CP/CE1 sont accueillis (les plus grands continuent d’aller à l’école primaire de Tsifota).
Le village nous explique que les enfants vont à l’école à Tsifota mais que le village a décidé de rapatrier plusieurs sections à Ampasilava.
Je demande si c’est un projet ou bien si ce changement a déjà eu lieu et dans ce cas où se passent les cours ? 10mn après je n’ai toujours pas la réponse, notre salarié (Alijaona) a du mal à se faire comprendre et à me traduire … passons, je crois comprendre qu’en fait le village souhaite une école complète dont une salle dédiée au préscolaire. Au passage, l’accueil des préscolaires actuels intègre les enfants de trois ans. Je leur dis qu’il faut vraiment qu’ils se concertent avec les responsables de l’éducation (chef ZAP, CISCO et DREN) et avec le maire car
leur demande n’est pas claire et « accessoirement » je leur dis que le Ministère de l’Éducation Nationale a décidé en 2014 que
les enfants de trois ans ne doivent plus être accueillis en préscolaire.
Bref, la demande du village est différente de celle que nous avons reçue de la commune … nous reviendrons faire le point  avec Ampasilava lorsque leur demande aura été éclaircie.
Nous reprenons la piste « sable mou et rochers » en direction de Tsandamba où nous passerons la nuit. Mais avant la nuit, la THB fraîche de chez Odilon sera plus que bienvenue. Nous arrivons
vers 16h forcément un peu fatigués.
Après les rafraîchissements et un petit bain dans le lagon nous aurions bien dégusté une galette beurre salé avec une bolée de cidre mais ce n’est pas sur la bonne plage « dame non ! ».
Le repas du soir sera somptueux avec poisson grillé, calamar en sauce et une belle langouste de 4kg à se partager et là je dis « dame oui ! »


Mardi 22 octobre : La nuit fut bonne et seules les vaguelettes de la marée haute en ont eu raison. Ce matin c’est tranquille puisque nous ne démarrons que vers 8h30 en direction de Bekodoy à 26 km au nord de Tsandamba… un peu de sable et pas mal de rochers pour rejoindre ce village où nous sommes attendus
pour l’inauguration de la réhabilitation et de l’agrandissement de l’école primaire. Cette école ne comportait qu’un bâtiment de trois salles … plus que vétustes, il ne restait que quelques tôles sur le toit, les unes tordues, les autres rouillées et les dernières tordues et rouillées. La base du bâtiment était « attaquée » par le vent et les pluies. Murs et sols en très mauvais état et meubles quasi inexistants. Il manquait une salle pour le préscolaire et il n’y avait pas de bureau pour le directeur. Il y avait du boulot et … nous l’avons fait !
Les deux bâtiments sont superbes et c’est très émouvant de les voir de près et d’imaginer le plaisir et le bonheur des enfants d’en bénéficier et celui des enseignants d’y enseigner. Ce cadre
développé et valorisé ; c’est aussi leur métier qui est justement revalorisé et c’est un point qui est loin d’être négligeable dans une telle réalisation.
Il y a pas mal de monde, des bâches ont été tendues pour faire de l’ombre aux « personnalités » (dont les parrains de Projet Action). Ces bâches se gonflent au gré du vent et l’on se prend à
chercher le gouvernail et le capitaine tant on a l’impression que le boutre va larguer les amarres pour on ne sait quel voyage à moins que cela ne soit simplement pour un grand tour dans le lagon qui nous permettra d’y cueillir quelques belles sardines et 4 ou 5 langoustes.
Mais le boutre reste à quai et nous avec.
Salut aux couleurs avec, comme il se doit, l’hymne national interprété par toute l’assistance. Puis vient le temps des discours,
bien ordonnés : chef du village souhaitant la bienvenue à Bekodoy, représentant du chef ZAP et du chef CISCO remerciant Projet Action et ses parrains pour cette magnifique réalisation,
assistant parlementaire qui excuse le député

«qui aurait bienvoulu venir» et qui incite les parents à inscrire leurs enfants à l’école tout en remettant 100 000 Ar au chef de village « de la
part du député, pour participer aux frais de la fête » (ce qui n’a évidemment rien à voir avec la tenue prochaine des élections communales). Il y a aussi l’adjoint au maire (puisque là aussi le maire se représente) qui remercie Projet Action d’être venu d’aussi loin et qui demande aux parrains présents de dire à tous les autres combien cette réalisation est utile et appréciée de tout le village et de toute la commune :

« longue vie à Projet Action, à son président et à tous ses parrains ». Bon, je crois n’avoir
oublié personne.
Dans mon intervention, je parle de notre bonheur d’être là pour cette inauguration et de voir les enfants entourés de leurs parents et de leurs enseignants prêts à utiliser cette belle réalisation.
L’éducation est un des axes les plus importants de Projet Action, un axe incontournable (sans qu’il soit unique). Dans cette toute nouvelle commune de Tsifota, nous avons déjà réhabilité
en 2017 les écoles de Tsifota et d’Andravona et je parle du projet 2020 pour la création d’un collège avec internat à Andravona pour tout le nord de cette commune… sous les applaudissements si forts qu’ils font tanguer le boutre. Je crois que c’est au tour de Liliane d’avoir le micro pour dire quelques mots sur ses
impressions au nom de tous les parrains « je vous connaissais déjà grâce à notre journal « le Zébu » mais être là, avec vous, et vivre cette fête au milieu de vous … des moments émouvants et
inoubliables ... »
Nous avons eu droit à plusieurs animations aussi dynamiques que sympathiques qui ont permis une petite détente entre deux discours. J’allais oublier : le village m’a offert une chèvre.
Nous coupons le ruban et vient le moment attendu du repas : il semble que tous ces discours nous aient donné faim et soif.
Alors c’est sans tarder que nous remplissons nos assiettes sauf bien sûr, Françoise qui ne mange plus le midi depuis qu’elle a été étudiante. (sans vous dire l’âge de Françoise qui est restée très
jeune, comment dire, cela fait quand même quelques milliers de repas sautés).
Il est presque 13h et nous devons reprendre la piste qui sera un peu longue aussi bien pour les parrains qui rentrent à Mangily que pour Alijaona et moi qui rentrons à Tsaragiso (temps du trajet évalué à 4h). En ce qui nous concerne nous faisons halte à Antsonomarify pour prendre six membres de la chorale et les amener à Tsaragiso car à partir de demain, la chorale MISAFA entre en scène pour les inaugurations. Le reste de la bande arrivera demain directement à Ampoizy.


Mercredi 23 octobre : Nous démarrons à 10h pour retrouver les parrains dix minutes après à Ambatolily et de là il nous reste 900m à faire pour arriver à Ampoizy où la foule nous attend pour l’inauguration de l’agrandissement de l’école.
Il nous faut descendre de voiture 200m avant l’école et accompagner le comité d’accueil venu à notre rencontre en rythme avec l’accordéon. La poussière ne manque pas!

Les parrains et marraines sont pris par la main pour avancer en dansant. En ce qui me concerne, je fais comprendre aux deux charmantes jeunes filles qui m’ont pris « en charge » de se calmer et de me laisser marcher tranquillement. Elles ne me lâchent pas les mains mais elles ont compris et accompagnent sagement le président jusqu’à son siège… je les remercie.
Il y a vraiment pas mal de monde et l’on sent tout de suite les villageois heureux d’être là pour cette grande journée. Salut aux couleurs, hymne national, discours et animations dont la chorale
MISAFA … qui fait une bonne recette.
Dans mon discours je fais l’historique de cette réalisation : la directrice Mme Miza qui me contacte par mail, les rencontres et réunions qui ont suivies, la signature en mars de la convention de partenariat, les visites du chantier et aujourd’hui l’inauguration de ces deux salles supplémentaires + un bureau pour la directrice.
Mme Miza est, d’après mon expérience, une exception tant elle est dynamique et compétente « faites tout pour la garder » dis-je aux villageois « rendez-vous compte, vous bénéficiez d’une
directrice vraiment pas comme les autres ». Je poursuis en me rappelant du puits que nous avons inauguré ici en 1999, il y a tout juste 20 ans mais «je ne vous garantis pas de revenir pour une inauguration en 2039 !». J’en ai vu beaucoup qui n’ont pas ri … «et pourquoi il ne reviendrait pas ?»… et le village m’offre un beau dindon.
Ruban coupé, repas bienvenu (avec une entrée s’il vous plaît … des crudités) mais le clou du spectacle, grande surprise : un magnifique gâteau avec de la crème rose, de la crème verte, de la crème bleue, jaune … heureusement que mon diabète m’a permis de refuser poliment. Une grande première : ce gâteau énorme, il fallait avoir eu l’idée et le faire : c’est assurément une
inauguration exceptionnelle.
Il est 13h30 et nous devons prendre congé car nous sommes attendus à 14h à Kalomboro pour inaugurer le ré-approfondissement du puits du village…. L’eau a été trouvée il y a quelques
jours seulement !
Nous arrivons à Kalomboro et sommes accueillis par M. Tsiafoe et toute sa bande. Cet ami de longue date a son sourire des grands jours et son regard profond qui en dit long sur le plaisir qu’il a à me prendre dans ses bras et c’est bien réciproque. C’est peu dire que je suis heureux de le revoir surtout dans une occasion comme celle d’aujourd’hui : le puits, l’eau, la vie !
Sans tarder, nous allons tous au puits et nous tirons un bidon d’eau : elle est très claire. C’est impressionnant et très émouvant.
Nous revenons nous asseoir sous le tamarinier pour parler un peu et échanger quelques informations et impressions. Le village m’offre un petit dindon. Le temps passe et pendant que
les parrains rentrent à Mangily, nous avons avec Alijaona une réunion tout près d’ici à Antanimena pour faire le point sur la formation « élevage porcin » suivie récemment par une douzaine
de membres des trois associations du village.
Le point est fait avec les associations et tous leurs membres, je pose quelques questions pour me rendre compte de ce qu’ils ont retenu de cette formation (de plus de 50h réparties sur plus de huit semaines). La vivacité des réponses me confirme ce que je savais déjà quant à la parfaite assiduité avec laquelle cette formation a été suivie. Je leur annonce qu’en principe les porcheries seront réalisées en 2020 et je détaille ce qui constituera le prêt à 0 % d’intérêts : l’achat du couple de porc + les frais vétérinaires + l’alimentation des porcs. C’est clair pour tout le
monde : rendez-vous en mars.
Nous rentrons, fatigués, à Tsaragiso où un boulot nous attend car j’invite ce soir la chorale MISAFA à manger à la maison, j’ai aussi invité Lisa et Martin notre chauffeur. La chèvre de Bekodoy a fait les frais de ce repas animé (personnellement je me suis contenté de deux vaches qui rit sur des galettes de riz amenées de Montreuil).


Jeudi 24 octobre : Ce matin, nous avons au moins 600m à parcourir pour nous rendre sur le lieu d’inauguration : les buts de foot situés dans l’enceinte de l’école primaire d’Ankaraobato et
entourés du lycée technique (réalisation 2014), de l’école maternelle (2013), des salles culturelles (2014), de l’école primaire (dont le premier bâtiment financé par France Abonnements Entreprises en 1994) et de l’atelier de fabrication de papier artisanal (2004). Le match amical inaugural va commencer devant 200 villageois venus honorer de leur présence cet évènement et les filles aussi : la célèbre équipe des Scorpions (CFP) contre le FC Miss Tsaragiso. Entre nous, les Scorpions sont largement favorites, l’équipe est formée depuis 3 ou 4 ans et a de nombreux matchs à son actif ; quant aux filles de Tsaragiso, elles débutent et ont fait quelques entraînements, je ne les ai jamais vu jouer et je pense qu’elles vont « prendre une valise ». C’est parti pour deux fois 20mn. Les Scorpions dominent nettement mais Tsaragiso résiste et arrive même à contrer. En 2e période Tsaragiso prend confiance et est à deux doigts de marquer. Et à ma grande surprise, par sa hargne et sa force de caractère, le FC Miss Tsaragiso arrache le match nul 0 à 0 que l’on peut considérer comme une victoire tant elles avaient peu de chance au coup d’envoi !
En fait tout le monde a gagné, les deux équipes se sont dépensées avec force et fierté, les spectateurs, étonnés de cet engagement ont apprécié…

Le sport aussi c’est plus qu’important !
Nous avons une demi-heure devant nous et nous en profitons pour aller jeter un coup d’oeil au CFP et au lycée technique.
Nous entrons dans la grande enceinte, les parrains sont très impressionnés d’être là au milieu de ces deux établissements, les plus grandes réalisations de Projet Action, une vingtaine de bâtiments, une cinquantaine de professeurs et surtout près de 600 apprenants … (les profs et les élèves ne sont pas là, la rentrée
aura lieu lundi prochain mais les parrains imaginent …). Le hasard fait que nous rencontrons Sébastien, le directeur, avec qui nous échangeons rapidement et il nous annonce que, dans un an, ils vont organiser toute une série de manifestations pour fêter comme il se doit le 10e anniversaire … déjà !
Nous nous dirigeons vers Tsaragiso où nous sommes attendus pour inaugurer les deux nouveaux poulaillers et la petite salle «études et formation». Comme nous avons quelques minutes d’avance sur le programme, j’en profite pour accueillir les parrains dans ma maison : boissons fraîches et autres commodités
sont les bienvenues. Les parrains admirent la vue sur les rizières ainsi que mon flamboyant et ses magnifiques fleurs rouges et oranges … il est vrai que ce n’est pas moche !
Nous parcourons à pieds les 25m qui nous séparent du lieu de l’inauguration (nous verrons les poulaillers tout à l’heure car il est pris grand soin des 43 poules (de 2 ans) et des 150 poussins de 5 semaines … pas de bruit ni de mouvements de foules pour éviter de les stresser).
Les petits discours commencent : « merci à Projet Action pour ces réalisations qui non seulement font la fierté du hameau mais qui permettent surtout un vrai développement (les poulaillers) et qui vont amener une avancée extraordinaire et unique concernant la salle

« études et formation ».
La chorale MISAFA entre en piste avec leur succès mondialement connu et apprécié à Tsaragiso : la chanson « Tsaragiso » à la gloire du hameau : "Tsaragiso est un village magnifique et tous les habitants sont des champions : champions pour cultiver le riz, champions pour les études à l’école, au CFP et au lycée, champions aux boules" et il faudra que j’ajoute des paroles qui
diront «champions pour les oeufs et championnes les filles du foot ».
Le village souhaite entendre les parrains que je présente : Liliane, Françoise et Dominique. C’est Françoise je crois qui dit quelques mots pour parler de son émotion d’être là avec eux et combien c’est important pour elle, elle les remercie de leur accueil… Je prends ensuite la parole en félicitant l’association AVT pour sa gestion exemplaire du poulailler depuis deux ans, pour leur réussite, pour leur sérieux sans faille. Les deux nouveaux poulaillers vont assurément permettre un nouveau développement qui va profiter au mieux-être d’une vingtaine de familles. Je parle aussi du projet de broyeur et j’annonce que nous verrons demain à Tuléar le vendeur avec Claude (le président d’AVT qui
nous accompagnera). Quant à la salle « études et formation », elle accueillera prochainement la 3e phase de l’alphabétisation adultes pour 6 adultes du village. J’appelle et je présente Kalady, une jeune du village, 28 ans, bachelière, qui est enseignante à l’école primaire d’Ankaraobato, je dois encore la voir pour régler
les derniers détails et ensuite l’alphabétisation pourra démarrer.
L’objectif est que cette 3e phase soit une pleine réussite et si c’est le cas (nous le souhaitons tous) nous démarrerons avec un nouveau groupe d’une dizaine de villageois et … ainsi de suite !
Cette salle permettra également en dehors des heures d’alphabétisation adultes, aux enfants et jeunes du village de venir y faire leurs devoirs : il y a 9 tables et 9 bancs pouvant donc accueillir
18 personnes dans de bonnes conditions…. qu’ils n’ont pas chez eux.
Nous allons couper les rubans et admirer, calmement, les poulaillers et la jolie salle

« études et formation » qui est juste à côté, j’en remets les clés au président d’AVT qui a la responsabilité de la gestion de cette salle.
Nous prenons le repas chez M. Piquet en compagnie de Kalady et de Juliana la capitaine du FC Miss Tsaragiso. Les parrains rentrent à Mangily, quant à nous, nous avons rendez-vous à
Anteteza (de l’autre côté des rizières) pour faire le point sur la formation poules pondeuses dont ont bénéficié trois membres de l’association de M. Bototsako. Ils nous attendent à l’ombre du tamarinier. Le point est fait rapidement : la formation de 32h s’est très bien déroulée (dans la salle « études et formation » de Tsaragiso) animée par un professeur-vétérinaire du CFP. J’annonce donc qu’en principe leur poulailler sera construit en 2020 et je détaille le prêt à 0 % d’intérêts qui leur sera accordé et qui comprendra l’achat de 50 poussins, les frais des soins vétérinaires et de l’alimentation des poussins. « Nous nous reverrons en mars », la joie des membres de l’association est bien visible et nous nous quittons sur cette belle perspective.
Retour à Tsaragiso pour un peu de calme et de repos.


Vendredi 25 octobre : Dernier jour des inaugurations, nous avons rendez-vous avec les parrains à 9h30 devant le resto de Milenake et l’on se dirige ensuite vers la piste Volamindry que nous empruntons et que nous découvrons aujourd’hui, magnifique,
transfigurée en quatre mois. C’est elle que nous allons inaugurer. Nous arrivons 1,5km plus loin à Andranodehoke où la cérémonie a lieu. Nous sommes pile à l’heure et on nous propose de beaux fauteuils. Les discours commencent avec les «bienvenue» et surtout les «Grand merci à Projet Action et à tous ses parrains, dites-leur bien ce que représente cette piste pour nous
qui l’empruntons quotidiennement : c’est d’abord la possibilité de passer tout simplement, une économie de temps et de fatigue pour aller à Milenake à l’école, au centre de soins, au marché,
pour aller aussi à Tsianisiha et à Ankililoake. C’est pour nous une vie nettement améliorée et même transformée, dites-leur bien tout ça ». Je prends la parole pour dire que Projet Action est bien consciente de tout cela et c’est précisément en connaissant parfaitement tous ces bienfaits que nous avons décidé de financer ces travaux

«vous êtes heureux de cette grosse et très belle réhabilitation, nous le sommes également». Je remercie et félicite les villageois notamment ceux d’Andranodehoke qui ont passé des milliers d’heures pour charger et décharger les camions de sable et de blocages (pierres) et surtout pour concasser les blocages et les réduire en graviers.
Entre temps le gouverneur de la région sud-ouest est arrivé (avec quelque retard et avec la télévision ...), je lui ai donné le document « 22 ans de projets et d’actions », il prend la parole
pour remercier Projet Action et pour nous dire

« ce que vous avez fait ; c’est ENORME » … ce n’est pas moi qui vais dire le contraire : en 23 ans maintenant, au moins 230 réalisations dont je pense les deux tiers sur la commune de Milenake. Applaudissements nourris, et la chorale MISAFA entre en piste suivie de la chorale Voromanga de Milenake.
Nous allons couper le ruban sur le premier pont en béton (précédemment en rondins de bois) et nous revenons à Andranodehoke pour le repas joyeusement animé. Nous remercions encore le village et nous reprenons les 4x4 en direction de Tuléar. Claude le président d’AVT est avec nous.
Arrivée à Tuléar : le plein des 4x4… la consommation a été raisonnable heureusement ! Vers 16h nous recevons Chez Alain M. Justin le fabricant-vendeur du broyeur. Nous parlons un peu : durabilité du broyeur, consommation, service après-vente, livraison, installation … et tarif sur lequel je demande et obtiens 10 % de remise. Ce ne sera donc pas 8 000 000 Ar mais

7 200 000 Ar. Je réglerai à la livraison prévue dimanche matin à Tsaragiso.
Ce montant important est financé par Projet Action sous la forme d’un prêt à 0 % d’intérêts.
Ce soir nous sommes invités chez Alijaona, nous parlons de la mission qui se termine pour les parrains, l’ambiance est joyeuse et décontractée avec, évidemment guitare et chants dont des
tubes des années 60.


Samedi 26 octobre : C’est l’au revoir aux parrains : Liliane repart aujourd’hui pour Tana et Paris dans la foulée. Quant à Françoise et Dominique, ils restent encore deux nuits à Tuléar pour prendre un vol direct lundi Tuléar/St Denis (Réunion). Je leur fais la bise et leur demande de ne pas oublier de m’envoyer leurs témoignages
avant le 15 novembre. C’était une belle mission, elle est passée très vite mais je crois que l’on s’en souviendra longtemps.
Il est environ 10h et nous repartons en brousse après avoir acheté quelques boissons, je ne trouve malheureusement pas de Cristal (eau gazeuse) mais je dégotte 5 petites bouteilles de
« Visy Gasy » qui feront l’affaire.
Nous faisons halte à Ambolimailake pour prendre un plat Chez Henri, lequel n’est pas là et sans lui il n’y a ni calamar ni crevettes, nous réussissons néanmoins à manger. C’est ensuite
la halte à Tsianisiha vers 12h30 où nous faisons le point avec Malala sur le fonctionnement de la gargote : ça va bien depuis qu’elle n’est plus embêtée par le maire remplaçant qui a fini par
être « écarté ». Le resto fonctionne un peu, le bar aussi mais c’est toujours l’épicerie qui fonctionne le mieux et comme Malala a fini de rembourser son emprunt à Volamasoa en juin, elle peut maintenant augmenter ses remboursements à Projet Action et me remet la jolie somme de 630 000 Ar (84 % du prêt accordé en 2013 est remboursé, il ne reste qu’un peu plus de 1 400 000 Ar à rembourser, ce qui devrait être fait dans moins d’un an).
Nous poursuivons vers Tsaragiso où nous rencontrons vers 17h l’association AVT pour faire le point sur le broyeur : il sera livré demain par M. Justin, nous parlons du plan de remboursement dont la première échéance sera en mars et nous évoquons un autre besoin lié au broyeur pour lequel il faudra pouvoir peser les
différents produits rentrant dans la composition de la provende pour les poules, pour les clients comme le CFP, les porcheries en 2020 …

il faut une balance. Je leur dis que je dois faire mes comptes car l’achat d’une balance n’était pas prévu dans mon budget de la mission. Nous nous reverrons dans quelques jours et on verra si cet achat est possible.
Ce soir avec Alijaona nous festoyons avec une soupe (minestrone en sachet), des oeufs sur le plat et Vache qui rit, je crois même qu’il y a eu une mangue en dessert : royal !


Dimanche 27 octobre : Aujourd’hui c’est repos, j’ai donc le loisir de préparer du pain et nous balayons un peu la maison qui en a bien besoin. Le broyeur est livré, je le paye par chèque.


Dérèglement climatique
Cette année 2019 nous a réservé quelques « premières » :
• En janvier il n’y avait jamais eu autant d’eau, la pluie était forte et quotidienne.(voir Zébu 87)
• En juin, il n’a jamais fait aussi froid : obligé de dormir dans le lit (et non dessus) et obligé de mettre en plus un blouson.
• En octobre : depuis hier la température a encore augmenté.
Le précédent record était de 35° vers 21h dans ma chambre (il y a quelques années). Depuis hier ce record a été nettement battu avec 37° vers 21h. Cela a duré jusqu’à mercredi 30. Les anciens du village disent qu’ils n’ont jamais vu ça.


Lundi 28 octobre : Nous avons rendez-vous à 10h à Milenake avec nos trois entrepreneurs et avec les trois membres du comité de contrôle de la piste Beroroha/Andranodehoke pour vérifier
avec eux la bonne exécution du travail demandé aux trois communes en juin. Nous empruntons donc la piste Volamindry et tournons à droite vers Ankililoake pour constater que la commune
d’Ankililoake a très bien fait son boulot, de même pour la portion placée sous la responsabilité du village d’Andranodehoke…

demi-tour pour constater que le village de Milenake a lui aussi fait du bon boulot. Mais en poussant plus au sud, après Ampihamy … rien n’a été fait sur les portions attribuées aux villages de Belavenoke et Tsiosy, de même pour toute la partie qui aurait dû être faite par la commune de Marofoty.
Je suis surpris et déçu tant je sais que ce projet est plus qu’important pour toutes les communes de la zone. Je dis au comité de contrôle qu’il n’a pas tenu ses responsabilités mais je leur donne une dernière chance : je repasserai samedi 2 novembre au matin et si le boulot n’est toujours pas fait, ça sera simple : il n’y aura pas de piste en 2020 !
Par ailleurs je dis aux entrepreneurs d’attendre notre rencontre de dimanche prochain à Tuléar avant de démarrer leurs devis.
Nous passons par le resto, je rends compte à Naivoson de cette visite décevante et retour à Tsaragiso.


Mardi 29 octobre : Une journée particulière aujourd’hui dans la mesure où, pour la première fois, je suis attendu pour une rencontre dans un village de la commune d’Ankililoake.

En l’occurrence, il s’agit d’Antseva, un gros village de 4 000 habitants. Il faut se souvenir de ma présence le 26 juin à la cérémonie de
la fête nationale à Ankililoake et du soi-disant manque de deux salles de classe au lycée d’Ankililoake. En parlant avec le maire et apprenant qu’il n’y avait pas de collège dans la partie nord de la commune, j’avais lancé l’idée d’un projet de collège pour les villages éloignés d’Ankililoake et le nom d’Antseva était apparu.
Nous y avons donc rendez-vous à 10h et Antseva n’étant situé qu’à 17km au nord d’Ankililoake, nous y arrivons en avance.
Nous attendons dans la voiture un bon quart d’heure pour laisser le temps aux villageois d’arriver et de se mettre en place. En attendant dans notre 4x4 stationné juste avant le lieu de la rencontre je vois d’ailleurs passer nombre de villageois … où vont tous ces gens ?
Le feu vert est donné, nous pouvons y aller. En arrivant dans l’enceinte de l’école primaire, je comprends où allaient ces gens : ils venaient ici. C’est de fait une première mais je n’imaginais
pas que Projet Action avait une telle notoriété dans cette grosse commune. Tous les chefs de village sont là, tous les directeurs des écoles primaires de la commune, directeurs du collège et du lycée d’Ankililoake, les gendarmes, le chef ZAP, j’en passe et des meilleurs. Accessoirement j’estime la petite foule à au moins 800 personnes.
Les discours commencent, tous très élogieux pour Projet Action et accessoirement pour son président. Je souris même à plusieurs reprises en entendant les adjectifs employés … c’est trop,
ils en rajoutent.
A mon tour de discourir. Je remercie les intervenants pour leur accueil et pour tout ce qui a été dit sur Projet Action et je rentre dans le vif du sujet en parlant de ce projet de collège. Il serait très utile c’est un fait, pour tous les villages du nord de la commune et aussi pour quelques villages du sud de la commune
d’Analamisampy. Mais un bâtiment avec les salles nécessaires ne suffira pas. Il faut des enseignants compétents, des enseignants
titulaires et pas une majorité d’enseignants suppléants «bombardés» enseignants parce qu’ils ont le BEPC. C’est malheureusement ce que nous voyons un peu partout. Projet Action
a trois projets de collèges pour 2020 : Andravona (au nord de la commune de Tsifota), Ambolimailake (au sud de la commune de Manombo) et ici à Antseva. Avant de voter la réalisation de ces trois collèges dans notre budget 2020 nous contacterons le DREN (Directeur Régional de l’Education Nationale) pour lui faire part de ces projets (il est déjà au courant pour les deux premiers) et pour lui demander de s’engager à nommer dans ces collèges un minimum de 50 % d’enseignants titulaires faute de quoi ces projets ne seront pas inscrits dans notre budget 2020 et si, par extraordinaire, l’engagement était pris mais non tenu, Projet Action pourrait ne plus intervenir dans le domaine de l’éducation… nos champs d’intervention sont larges et les besoins et
demandes sont nombreux.
Sur ce, on m’offre une chèvre. Merci beaucoup.
Nous sommes invités par le maire dans un restaurant d’Ankililoake (il n’y en a pas ici) avec tous les chefs de villages et autres responsables de la commune. La THB y est bien fraîche … ça
change de celles des inaugurations !
Nous rentrons à Tsaragiso, la vraie vie est là.
Mercredi 30 octobre : Nous sommes à 9h à Ankadobarika (Cne de Marofoty) pour parler du projet de salle dédiée au préscolaire : 200 personnes nous attendent, c’est plutôt bon signe. J’apprends qu’il y a quatre enseignants pour le préscolaire actuel qui squattent avec difficulté une vieille salle de l’école primaire
que je visite : c’est plus proche d’une porcherie que d’une salle de classe ! Il n’y a ni meubles, ni livres, ni matériels didactiques. Bon, on part de loin.
Il y a cette année 65 enfants de 4 ans et 54 de 5 ans inscrits, ce qui permet de dimensionner le projet. Ce qui m’a le plus intéressé a été de faire parler quelques parents sur la simple question :
« pourquoi un préscolaire ? » et les réponses que j’ai eu sur « l’éveil des enfants », « il n’est plus le même, en moins de deux mois cela a été une transformation incroyable », « maintenant elle parle beaucoup avec nous et elle nous pose beaucoup de questions »….
On peut y aller, cette salle dédiée, il la faut !
Nous sommes à 10h30 à Manombo pour faire le point sur le fonctionnement du gîte d’étape (réalisé en 2018). Le comité de gestion a un peu oublié de venir mais heureusement la trésorière
est là. La rencontre durera moins longtemps. Le gîte « tourne » de mieux en mieux. Les récentes JMJ ont aussi permis de faire le plein des quatre chambres pendant une semaine. Bref, la trésorière me rembourse 490 000 Ar au lieu des 320 000 Ar prévus.
C’est parfait, ils sont en avance sur le plan de remboursement.
Nous trouvons une petite gargote dans laquelle nous réservons la meilleure table avec vue. Et comme il est un peu tôt et que nous avons soif, nous allons dans mon épicerie préférée où parfois la THB est fraîche et … aujourd’hui elle l’est. C’est un bon jour car juste à côté de l’épicerie une dame vend des sambos «prends-en dix» et, comment dire ? C’est divin. Nous revenons à la gargote et nous passons à table. Poisson et riz à 1 500 Ar le plat (env. 37 centimes d’euros). En fait je reprends une 2e part de poisson et je paierai 2 500 Ar pour le tout.
Il est midi et nous avons rendez-vous à 14h à Antandroke, je demande à Alijaona de les appeler pour faire avancer l’heure de la rencontre. Nous attendons un peu et partons pour 20mn de piste
en passant par Tsihake. Une bonne centaine de personnes nous attendent (encore un bon signe). Nous rentrons tout de suite dans le vif du sujet et c’est avec plaisir et satisfaction que j’obtiens le même type de réponses qu’à Ankadobarika. La salle utilisée pour accueillir les enfants est en branches et en paille … pourvu qu’il n’y ait pas de
vent ! Les effectifs dans ce petit village sont plus modestes mais c’est bien le même besoin et la même volonté de voir les enfants être éveillés plus tôt pour mieux démarrer l’éducation primaire.
C’est noté, nous nous reverrons en mars.
A Ankaraobato, nous passons au CFP et je règle les formations élevage porcin et poules pondeuses.


Jeudi 31 octobre : Il n’y avait rien au programme ce qui nous a permis d’avoir une réunion avec AVT. J’ai fait mes comptes et je peux leur remettre 200 000 Ar qui devraient permettre l’acquisition d’une balance. Cette somme sera bien sûr ajoutée au prix du broyeur ; le prêt est donc au total de 7 400 000 Ar. J’enverrai avant la fin de l’année le plan de remboursement adapté
à la situation. Nous avons notamment appris que ce broyeur était très polyvalent ; outre différents types de provendes, il peut également avec différents tamis produire de la farine de riz, de manioc, de maïs. La production de farine de riz par exemple devrait avoir beaucoup de clients et pas seulement à Tsaragiso ou Ankaraobato. En effet, dans tous les villages plusieurs personnes fabriquent et vendent des « mokares » (beignets sucrés à la farine de riz) mais cette farine (pas toujours très fine) s’obtient en «pilant» le riz, un travail traditionnel certes mais long et fastidieux … Nous établissons également une première liste de clients potentiels pour le broyeur et il faudra faire jouer le bouche à oreille et peut être passer des annonces sur la radio locale.
Nous rencontrons aussi Kalady et nous nous mettons d’accord sur son salaire horaire : 3 000 Ar pour commencer (le SMIC est aux environs de 1 000 Ar et les profs du CFP ou lycée technique
sont payés à 5 000 Ar (mais sensiblement plus d’études et de diplômes). Je redis à Kalady que l’objectif est la bonne réussite de cette phase complémentaire avec ces 6 adultes et si tout va
bien nous enchaînerons avec un autre groupe en mars.
Kalady a préparé son plan de travail et propose de donner 40h de cours au premier groupe (le moins avancé) et 30h au deuxième groupe à raison d’une heure quotidienne pour chaque groupe en alternant écriture, dictée, calcul et lecture. Je lui donne mon feu vert pour cette proposition et nous ferons le point en mars.


Vendredi 1er novembre : Nous retournons au CFP pour prendre les mesures de la porcherie. Cela me permettra de réaliser un plan que j’enverrai aux entrepreneurs pour devis. Revenus à la maison je fais du pain.
A 16h nous recevons les brodeuses et nous vérifions les petites merveilles réalisées par Lisa et son équipe : 50 petits sacs «épices-madagascar», 10 sacs «poivre sauvage», 10 séries de deux sacs à pain et 15 séries de trois torchons. Tout est parfait.
Je commande à nouveau 20 sacs «poivre sauvage» pour le mois de mars.
Il me reste à faire cuire mon pain, Alijaona s’occupe de préparer une bonne braise.


Samedi 2 novembre : Comme prévu ce matin nous allons voir si la 2ème chance donnée à Milenake et à Marofoty a été utilisée pour faire en 4 jours ce qu’ils n’avaient pas fait en 4 mois. Je précise que cela était possible à condition de mobiliser quelques dizaines de villageois … il y en aurait eu pour deux journées.
Mais après Ampihamy, nous faisons tout de suite demi-tour : rien n’a été fait ! Cette piste capitale à mon sens ne sera pas faite en 2020. Les esprits et la capacité à mobiliser évolueront-t-ils dans les mois qui viennent ?

La piste verra-t-elle le jour en 2021 ?

Dieu seul le sait et il n’est pas bavard ! Et que l’on ne me parle ni de ce fameux proverbe africain intellectuellement séduisant «vous avez la montre et nous, nous avons le temps !» car en réalité, pour qui connaît le terrain, le train ne passe souvent qu’une fois, ni de cet autre proverbe «l’intention vaut le fait» aux conséquences dramatiques. Certains villages ne se sont pas contentés d’avoir l’intention mais pas tous.
Cet après-midi, il devait y avoir le traditionnel tournoi de boules à Tsaragiso mais il est annulé car les jeunes n’ont pas été capables de rassembler leurs deux jeux de 8 boules complets. C’est tant pis pour eux mais ils connaissaient la règle. Du coup, le devant de la maison et la terrasse sont bien calmes.
Nous rangeons la maison et préparons ce qui doit être emporté à Tuléar. Demain, c’est le départ.


Dimanche 3 novembre : Les voisins proches sont là pour nous dire au revoir, je ne m’éternise pas car ces moments sont toujours difficiles à vivre. Vas-y Martin démarre. Nous sommes à Tuléar vers 9h30, nous faisons le plein, le 4x4 me dépose Chez Alain et fait ensuite un aller-retour chez Alijaona pour qu’il dépose ses sacs, les cageots de boissons vides (aujourd’hui dimanche le marchand est fermé) et la consigne du gaz car en mars je devrai acheter une bouteille. Ils reviennent à l’hôtel, la facture de location est faite, je la règle. Martin est libéré et vers 11h30 nous allons avec Alijaona « Au Jardin » en cyclo-pousse.
Nous prenons le temps pour déjeuner.
A 17h nous recevons les entrepreneurs et l’atelier de menuiserie à l’hôtel, ils viennent me remettre les premiers devis. Il restera les devis porcheries et le devis de M. Lalao pour le mur de soutènement de 130m de long sur la piste Volamindry.
Voilà que se termine une mission bien chargée, une mission où la chaleur a battu des records et rendu le sommeil parfois difficile, une mission bien fatigante mais, quand je pense aux milliers
de personnes de tous âges qui vont mieux vivre grâce à toutes nos réalisations 2019 …


Philippe MEYER – Président de Projet Action
 

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