INTERVIEW

 

M. LESY, chef du village de Lambolo

 

Zébu : M. Lesy, parlez-nous de votre village.

M. Lesy: Il est isolé dans une zone rizicole à l’écart de tout. Son emplacement avait été choisi en raison de l’abondance des mares favorables à la riziculture. La piste est impraticable en temps de pluie à cause de la boue. La majeure partie des gens ne savent ni lire ni écrire et près de la moitié des enfants d’âge scolaire ne fréquentent pas l’école. A part Projet Action, aucun des organismes œuvrant dans la région n’est venu écouter nos problèmes. Le programme Aide et Action était venu une fois dans le village pour poser des questions sur la scolarisation des enfants mais n’est jamais revenu, ne serait-ce que pour récupérer les fiches qu’il nous a demandé de remplir.

 

Zébu : Quels sont les problèmes du village?

M. Lesy: Les problèmes ! Les choses à dire ne manquent pas mais ce qui nous fait souffrir le plus c’est la piste d’accès : la boue en saison de pluie … Même en charrette on a du mal à passer. On a beaucoup d’inquiétudes pour passer le pont en bois qui enjambe le canal Soandraza au sud de Soarano. Notre village n’a aucune infrastructure, ni dispensaire ni école digne de ce nom. Pour se soigner, les malades doivent se déplacer à Ankaraobato en faisant le trajet à pied ou en charrette. Bien souvent, ils se fient  à la tisane traditionnelle ou à l’automédication à partir  des médicaments vendus par les  détaillants mobiles. Pour l’éducation, le village ne dispose que d’une école en paille de 2 pièces faite par les parents d’élèves.

 

Zébu : Lécole est-elle suffisante pour accueillir les enfants ?

M. Lesy: « Aia koa » (pas du tout). Ce n’est  qu’une école de nom. Elle est non seulement en paille, mais aussi petite et mal faite. Elle fait  à peine 32 m2  pour accueillir 296 élèves répartis en 7 sections dont 2 préscolaire. Nous en avons construit une plus grande en 1992 mais elle a été endommagée en 2005 par le cyclone Ernest. Celle que nous avons construite pour la remplacer a été aussi endommagée par les hautes eaux du cyclone Haruna; et nous avons décidé de confectionner cette structure en paille. Il est vrai qu’elle n’est pas solide, mais c’est mieux que rien ! Notre seul espoir est Projet Action.

 

Zébu : Projet Action est venu à Lambolo et vous avez demandé une vraie école.

M. Lesy: Nous avons de solides espoirs que Projet Action va prendre en compte notre désir et qu’une vraie école verra le jour d’ici quelques mois. Comme notre village est inaccessible en camion, nous nous sommes engagés à transporter avec nos charrettes les matériaux nécessaires pour la construction : 145 charrettes de sable et 170 charrettes de blocages. Dix groupements participent aux transports et  chaque groupement s’est arrangé pour transporter au moins 15 charrettes de sable et 17 de blocages. Pour faciliter le transport, les villageois ont consacré au moins une semaine pour colmater les ornières, remblayer les portions boueuses, consolider les petits ponts enjambant les canaux.

 

Zébu : Si l’école se réalise, qu’est ce qui va changer à Lambolo ?

M. Lesy: J’ai du mal à trouver les mots…Cela fait au moins 26 ans que nous voulons une vraie école. Nous n’avons pas cessé de  contacter les ONG et c’est seulement Projet Action qui  nous écoute. L’état chaotique de la piste n’a pas empêché M. Philippe MEYER de venir jusqu’à Lambolo pour constater sur place dans quelles conditions nos enfants étudient. Ce qu’il a fait était vraiment une action humanitaire et nous saisissons ce propos pour en témoigner. Longue vie à Projet Action. Que cette école se réalise et que  les enfants des rizières puissent enfin étudier dans de bonnes conditions.

 

Zébu : Vous avez rendez-vous avec Projet Action le 21 mars, comment allez-vous préparer cette journée ?

M. Lesy: La venue de M. Philippe MEYER dans notre village est toujours souhaitée. Nous prions notre Seigneur pour qu’il vienne sain et sauf le 21 mars. Cette journée sera inoubliable et nous ferons tout notre possible pour qu’elle soit efficace. Nous allons consolider les portions  de piste  pour la venue de la voiture jusqu’au village.

 Propos recueillis et traduits par Alijaona

 

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