Info : l'insécurité

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Le « DINABE »

Système de prévention de l’insécurité

Madagascar a connu une augmentation importante de l’insécurité. Pas un jour ne se passe, sans que l’on entende parler de vols de zébus, de cambriolages et d’agressions avec violences. Une déclaration du Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie, rapportée dans la revue « Notes de L’Ifri » précise que 2 000 attaques ont été recensées entre 2011 et 2016 et  le nombre de morts se chiffre en milliers.  Outre ces différentes formes de criminalités, il y a aussi le phénomène de vol d’ossements humains qui porte atteinte aux valeurs ancestrales des Malagasy. On s’attaque aux morts sans le moindre scrupule, les ossement humains sont devenus de vulgaires marchandises. Ce phénomène ne cesse de croître dans plusieurs régions et on se demande qui sont les commanditaires ? Plusieurs pirates ont été enchaînés et une grosse quantité d’ossements ont été saisis mais personne n’est parvenu à préciser la destination finale de ces os. La population ne cesse de s’en plaindre. Faut-il garder la criminalisation des vols de zébus inscrite dans la loi actuellement en vigueur? Doit-on continuer à confier la répression à des cours criminelles spéciales ?

Fatigués d’être des éternelles victimes, les ruraux ont décidé d’instaurer un système d’autodéfense appelé «dinabe» pour se défendre et maintenir la sécurité de la population et des biens. Ce système est administré par un bureau élu, pour deux ans, par l’assemblée générale du village. Quand une situation de conflit trouble la collectivité, le président  « dinabe » réunit tous ses membres pour régler le désaccord et chercher une solution. En cas de vol, par exemple, la procédure commence par la demande publique de pardon de la part du voleur. Ainsi, le délinquant raconte les motifs pour lesquels il a commis le vol et présente ses excuses. S’il s’agit d’un acte pour la première fois et que les membres du « dinabe »  estiment que le voleur a perpétré le vol à cause de la misère, il est demandé au fautif de rendre l’objet volé ou son équivalent en argent  et de fournir un zébu pour la consommation commune. L’étape suivante se termine par la proposition de réconciliation et l’engagement de ne plus rouvrir l’affaire. S’il s’agit d’une infraction comme vols de zébus, le rôle des membres du « dinabe » consiste à obliger les voleurs à rembourser le triple du nombre des zébus volés. Pour les affaires pénales, les victimes ont recours (après avoir informé les autorités locales) au système judiciaire. Et, par manque de confiance aux éléments des forces de l’ordre, ils s’adressent directement au tribunal.

Bien que l’application du « dinabe » ait connu certaines déviances, il contribue à affaiblir le fléau. Les personnes interrogées témoignent qu’avant l’instauration de ce système, la communauté vivait dans une peur continuelle d’insécurité. Les vols et les agressions avec violence étaient fréquents. Les femmes et les enfants vivaient dans l’angoisse et faisaient toujours appel à la providence divine pour survivre. Mais depuis que le « dinabe »  est instauré, la situation s’est calmée et ils ont trouvé le sommeil en dormant avec tranquillité. Désormais, il faut envisager de redresser les pratiques déficientes du système et prévoir la mise en  place d’un cadre légal pour servir de prévention.

Le Coordinateur de Projet Action - Alijaona RAJOMALAHYA

 

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