Commune d'Analamisampy

présentation

 

Localisation : La commune est située, comme nos autres communes d’intervention, dans le district de Tuléar 2, juste au nord de la commune d’Ankililoake qui est elle-même au nord de la commune de Milenake.
Le chef-lieu de commune est situé à environ 38km au nord d’Ankaraobato.


Nombre de villages et d’habitants : La commune comporte 11 villages de 2000 à 4000 habitants chacun pour un total d’environ 35000 habitants.(d’après le dernier recensement de 2018).

 

L’éducation : La crise économique des deux dernières décennies n’a pas amélioré la situation et beaucoup de parents préfèrent faire travailler leurs enfants pour subvenir aux impératifs du quotidien plutôt que de les envoyer à l’école. Mais les problèmes économiques des familles ne sont pas les seuls freins à

l’éducation, il en existe au moins deux autres :
• Nombre de parents eux-mêmes n’ont jamais mis les pieds à l’école.
• Le nombre d’écoles primaires ou plus précisément le nombre de salles de classes est nettement insuffisant.
Sur les 12 écoles primaires publiques (il y a aussi 5 écoles privées), deux ne comportent qu’une salle de classe et quatre autres ne comportent que deux salles chacune ; deux exemples :
• Ambovotsiritsy : 360 élèves (5 sections) ... 2 salles.
• Ambahija : 223 élèves (5 sections) ... 1 salle.

Accessoirement, aucune école primaire ne dispose de salle dédiée au préscolaire.

De plus, il faut signaler l’absence totale de matériels didactiques et notamment les livres.

Par ailleurs, 6 de ces 12 écoles ont été construites par les villageois ...en branches et en terre ! Les autres ont été réalisées dans les années 90 par l’ONG Aide et Action et ne comportent, en général, que 3 salles de classe.
Il y a du pain sur la planche pour Projet Action !

 

La sécurité : La commune ne bénéficie pas de sa propre Gendarmerie. Le poste le plus proche est celui de la Soahazo (à 10km plus au nord) ; une commune qui, avant 2015, faisait partie d’Analamisampy. Mais, ici comme ailleurs à Madagascar, le principal problème des postes de Gendarmerie réside dans le fait qu’ils ne dispose d’aucun véhicule ... même pas de vélos ! A défaut de service de sécurité étatique, les villageois ont mis en place un système d’autodéfense appelé

«Dinabé ». En cas de vols, agressions ou autres, les membres du Dinabé se réu-
nissent et parlent (beaucoup) pour « composer » et rendre une certaine justice populaire ; par exemple, si un zébu a été volé, le voleur doit en rendre deux et donner à manger aux membres du Dinabé pendant deux ou trois jours... Bien que ce système connaisse certaines déviances, il contribue à affaiblir l’insécurité.


La santé : La commune dispose de deux CSB (Centre de Santé de Base) : à Analamisampy et Ambovotsiritsy. Les matériels et équipements sont soit absents soit dans un état lamentable. Les maladies les plus fréquentes sont le paludisme, les maladies diarrhéiques, parasitoses intestinales et insuffisances respiratoires aigües.

Il faut mentionner que l’insuffisance de la couverture en eau potable et assainissement a de grosses conséquences sur la santé publique ; plusieurs maladies d’origine hydriques comme la diarrhée, la dysenterie et la galle touchent plus particulièrement les couches les plus vulnérables de la population.

Beaucoup d’habitants se fient à l’automédication et à l’utilisation traditionnelle

d’herbes et de plantes médicinales.


Les us et coutumes : Malgré la bonne implantation des religions protestantes et catholiques, la majeure partie des habitants reste fidèle au culte des ancêtres. Ils « communiquent » constamment avec les ancêtres en sollicitant leur bénédiction et leur assistance à l’occasion d’évènements importants comme les mariages,

naissances, maladies et décès. Ces pratiques et coutumes ne sont pas propres à la commune.


La situation économique : Comme dans les autres communes de la région, la majeure partie des habitants d’Analamisampy pratiquent une stratégie composée de plusieurs modes de subsistance en mêlant l’agriculture et l’élevage parfois complétés par des revenus annexes comme le commerce, l’artisanat et la
cueillette des fruits et tubercules.

 

L’agriculture : Malgré les conditions déplorables liées à l’absence de barrage de rétention d’eau et de canaux, la grande saison de culture pluviale et sur brûlis s’étale de septembre à mars. Les années de sécheresse totale sont bien évidemment catastrophiques.


L’élevage : Malgré la prévalence de l’insécurité, l’élevage bovin et des petits ruminants est toujours pratiqué dans les villages.
L’élevage porcin et de volaille est également pratiqué, mais pas assez développé à cause du manque de savoir faire. Les bestioles errent en liberté, livrées à elles mêmes pour trouver leur nourriture. Pour la santé animale, les traitements (forcément coûteux) sont pris à la légère par les éleveurs.


Le commerce : Les principales activités commerciales tournent autour des produits locaux comme le manioc, le maïs, les patates douces, les pois du cap et des produits maraîchers comme les choux de chine, les tomates et les oignons. Les produits des cultures de rente pérenne comme les oranges, les bananes, les
mangues et les papayes y sont aussi en vente. A cela s’ajoute les fruits et tubercules sauvages comme « lamoty », « tsinefo », « ovy » et « babo » que les paysans ramassent dans la forêt Mikea.
La commune dispose de cinq marchés pour la vente de tous ces produits : Analamisampy, Ankaray sud, Ambovotsiritsy, Belitsake sud et Ampasikibo.


L’artisanat : Il tient une place non négligeable dans la vie des gens même si la plupart des artisans opèrent encore de manière informelle et sur un marché très limité. Un revenu de complément en est tiré surtout pendant les périodes de mauvaises récoltes : par exemple, la construction de maisons ou le changement de chaume des toitures.

Il y a aussi le travail de la forge constitué d’un marteau et d’un système de soufflerie rudimentaire : les artisans achètent de la ferraille de récupération et après l’avoir découpée, ils la chauffent légèrement pour pouvoir la travailler et fabriquer différents outils comme : coupe-coupe, hache, sagaie, bêche et petits outillages de cuisine comme des couteaux.

La filière menuiserie est assez nouvelle dans le système de production en milieu rural. La fabrication des meubles et construction des boiseries pour les cases d’habitat se font de manière rudimentaire. La gamme reste relativement restreinte : lits, chaises, tables, tabourets, étagères de rangement et roues de charrettes.


Premières conclusions : Le moins que l’on puisse dire est que cette commune se situe au point bas du développement, l’intervention de Projet Action portera principalement sur l’éducation maternelle et primaire car les infrastructures préscolaires y sont inexistantes et celles du primaire sont, au mieux, au tiers du minimum souhaitable.

Un travail sera mené avec les enseignants pour préciser les be-soins en terme de matériels didactiques pour que chaque école construite ou agrandie en soit dotée.

La mission de mars (écourtée pour cause de COVID 19) prévoyait de rencontrer, avec M. le Maire, au moins trois villages.

Cela n’a pas été possible, non plus, en juin pour les mêmes raisons.

Ce qui est certain, c’est que le programme de la prochaine mission (novembre 2020 ou janvier 2021?) prévoit dores et déjà deux jours complets sur cette commune pour y rencontrer 5 ou 6 villages et vérifier de visu l’état des infrastructures scolaires. Les premières réalisations seront placées en 2021....

Un très beauprogramme en perspective.

Alijaona et Philippe MEYER

 

 

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