Premier pas à Madagascar

 

Le 10 juillet 2016 alors que la France allait affronter le Portugal à l'euro de Foot, je prenais l'avion avec 22 jeunes d'une classe de première et 3 accompagnateurs destination TAMATAVE pour vivre 10 jours dans un orphelinat tenu par un couple, François et Samara.

Les 22 jeunes, filles et garçons, issus d'un même établissement scolaire parisien avaient depuis 2 ans préparé ce voyage "solidaire". Ils avaient fait des recherches sur Madagascar, avaient convaincu leur directeur, avaient trouvé des sponsors et des partenaires pour financer le projet sur place.

En effet, il était question d'apporter notre aide pour construire une cantine à l'école et de prendre part à l'animation des classes auprès des maîtresses et maîtres.

Après 10 heures de vol, nous voilà tous sur le sol malgache à Tana où nous avons fait la connaissance d'Emile qui allait être notre guide tout au long de notre séjour et où des "mini-bus" nous attendaient pour aller dormir dans un hébergement avant de prendre la route pour Tamatave.

Premiers contacts avec les "mendiants" de l'aéroport, premières odeurs et une météo pluvieuse et brouhaha incessant.

Bagages arrimés sur les toits des véhicules, les jeunes répartis dans les mini-bus, nous avons été accueillis pour la nuit dans un lieu surplombant la ville très calme.

Après un petit déjeuner, et de retour dans les bus, l’aventure allait commencer. Au moins 9 heures de route avant de rejoindre le Centre « enfant de Joie » de Tamatave : routes défoncées, véhicules dont l’état laissait à  désirer. Nous allions affronter les crevaisons, les sorties de route, les arrêts dans des endroits improbables où pneus, sacs plastique, jonchés sur le sol et où l’accueil était toujours chaleureux et avec le sourire.

Et surtout nous allions découvrir le RIZ qui allait être notre plat de résistance pendant 10 jours. Pendant le séjour, nous allions même le trier ce riz quand nous donnions tous des coups de main aux cuisinières du centre. Pas du riz à l’eau, pas du riz chinois, pas du riz pilaf mais un riz un peu pâteux, cuit au feu de bois dans des grandes marmites.

Au centre nous avons été accueillis par tous les enfants qui nous attendaient pour des danses d’accueil. Pendant tout le séjour, nous avons toujours été entourés d’enfants : pour jouer aux cartes, faire des parties de foot, venir dessiner, raconter des histoires, nous coiffer (les chevelures longues de certaines filles blondes plaisaient beaucoup aux enfants), danser,….

Le moment le plus magique du séjour que nous avons la chance de vivre a été une fête : les 50 ans de mariage du couple qui tenait l’orphelinat, les 10 ans du club de foot, et les 20 ans du centre.

La veille de la fête , effervescence à son comble avec l’arrivée du zébu où nous avons été invités à sa mise à mort , heureusement je m’étais mise derrière un monsieur très grand et je n’ai pas tout vu, la découpe du zébu par les « bouchers » ; la dépose des morceaux sur une toile cirée dans une classe où un gardien et un chien y ont passé une bonne partie de la nuit.

Les cuisinières avaient toute la nuit pour cuisiner car en l’absence de frigo, il fallait vite commencer le ragoût de zébu, puis tuer les poules (le dortoir étant prêt des cuisines, nous avons entendu toute la nuit les poules qui allaient « à la cocotte ».)

Le lendemain, à l’aube, le gâteau  en forme de stade de foot plein de crème apporté dans un carton, a été installé sur une table dehors au milieu de toutes les tables des invités (plus de 100 personnes étaient attendues).

Tout le groupe a été invité à la messe de mariage du couple, messe qui a duré 3 heures. Puis nous nous sommes rendus à la table des invités, nous étions très peu de « vaza » à être invités donc nous avions la table d’honneur, à côté du gâteau dont les mouches avaient commencé la dégustation.

Nous avons donc goûté au zébu, aux poulets, au riz et au final au gâteau (j’avoue avoir sauté mon tour). Et la journée s’est terminée par de la danse où tous les enfants du centre ont pu nous rejoindre et nous avons dansé avec plaisir jusqu’à  ce que la nuit tombe.

Beaucoup de discours pendant cette fête, beaucoup d’enveloppes de dons, beaucoup de remerciements.

A Madagascar j’ai retrouvé la notion de la mort très présente : « demain où serons-nous ? » ; une notion à l’argent « dépensons tant que nous en avons » étonnante.

A Madagascar j’ai retrouvé la JOIE des enfants, la joie des rencontres, la joie du partage, la joie de l’entraide. Nous avons beaucoup pleuré en quittant les enfants, les cuisinières, les maîtresses et les maîtres,..

Aujourd’hui, j’ai gardé des contacts avec certains jeunes du groupe car l’expérience que nous avons tous vécu a été assez exceptionnelle quant à notre adaptation qui s’est faite rapidement malgré nos maux de ventre, la pluie, et.la vie en groupe ( peu de sorties hors du Centre).

Un rêve : partir à la Réunion en décembre 21 et rejoindre des amis pour aller ensemble à Madagascar.

 

Catherine DALICHOUX – Secrétaire de Projet Action

 

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